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Chroniques (666)

19.10.19 07:23

BELENOS - "Argoat"

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Belenos, c’est près de 24 ans de carrière dédiés à la culture Pagano-celtique et la griffe intemporelle de Loïc Cellier, véritable maître d’œuvre qui nous offre un 8ème album. Nous retrouvons tous les ingrédients qui font la force du projet, riffs incisifs teintés d’espaces mélodiques, une puissance de feu, des chœurs graves et un chant frontal habité.  Les 9 titres en langue Bretonne semblent plonger leurs références dans la nuit des temps de cette superbe région. Sur le très énergique « Karv-den », je déduis sans doute un très bel hommage à Cernunnos, ancien Dieu que nous avions en commun avec les Gaulois. « Bleizken » nous revêt d’une peau de loup pour nous prodiguer une assez puissante énergie guerrière dans une atmosphère bien mélodique et donc ancrée dans la mesure. Le titre éponyme, plus qu’un simple hommage, renvoie aux mystères des bois de la Bretagne intérieure. A ce stade, je ressens une musique aussi spirituellement profonde que celle véhiculée sur « Hospodi » de Batushka. L’imparable coup de cœur m’envahit sur le superbe « Nozweler ».  A l’instar d’« Huelgoat », le black de Belenos porte dignement un somptueux témoignage à la Beauté profonde de la Bretagne.

Nouvel album pour le groupe qui nous propose ici son neuvième opus. On peut dire qu’ils ont l’art de créer une ambiance particulière. Le premier titre éponyme nous montre quel univers nous est proposé tout au long de l’album. Cette cohérence construit une accroche infaillible. Il n’y a qu’une cassure, somme toute peu dérangeante, avec « Be Warned ». Ce court titre est en réalité un mini-discours placé en plein milieu du disque. Mais le CD repart en force de suite avec « The Hearse ». Le groupe nous ramène dans leur monde avec une efficacité indéniable. Un réel plaisir donc ! Si cependant on devait lui trouver un défaut, je dirai que « Life Will Kill Us All » est de trop. De plus, l’enlever aurait permis de mieux faire honneur au morceau qui le suit. L’album aurait pu s’en passer, sans perdre en qualité.  Les deux titres coup de cœur : «Zodiac » et « Decopose ». 

Initialement connu sous le nom de Those Who Lie Beneath entre 2005 et 2013, Vitriol sort aujourd’hui son premier album, ''To Bathe from the Throat of Cowardice'', et pas chez n’importe qui puisque les Américains ont les honneurs et la confiance du grand Century Media. Au menu, un Death Metal à la fois brutal et technique qui frappe là où ça fait mal. C’est avec une aisance déconcertante que Vitriol envoie des titres comme les surpuissants ''Legacy of Contempt'' et ''A Gentle Gift'' où la brutalité et la technique ne font qu’un : riffs ravageurs, chant profond, batterie qui part dans tous les sens, la démonstration faite par Vitriol est impressionnante. Si à cela on ajoute une production en béton et des ambiances très occultes, on obtient un album d’une grande qualité dans son répertoire, dont on décèle quelques touches çà et là de Hate Eternal ou Morbid Angel. ''To Bathe from the Throat of Cowardice'' est un opus remarquable en de nombreux points, les fans du genre seront comblés c’est une certitude, il suffit de jeter une oreille sur le tonitruant ''Violence, a Worthy Truth'' pour en être convaincu.

Nouvel album du quintet suédois, celui-ci est cependant victime (ha ha) d’une production assez étrange, pourtant chapeautée par le grand Karl Daniel Lidén ayant déjà fait ses preuves auprès de Katatonia et Bloodbath. Les vocals semblent ainsi caverneuses, les riffs étouffés… Et compte tenu de la forte dimension contestataire et anarchiste de leur musique, c’est dommage. Car matière il y a : « There’s Blood on the Street » et « The Sea and Poison » sont deux pralines énervées, gratinées de riffs costauds qui témoignent pleinement des talents du groupe et de leur propension à proposer des compositions sympas lorgnant autour des deux minutes. De même, le morceau « We Fail » se veut presque doom… et troque une bonne partie des vocals pour un extrait pré-enregistré de Stephen Cheney, traitant notamment du climat et de la sécurité… Des bons enjeux politiques actuels qui épousent à merveille le nihilisme ambiant que véhicule « The Horse and Sparrow Theory » tout au long de sa petite demi-heure. Ce septième album démontre que Victims n’a plus rien à prouver. Dommage, cependant, qu’il ne soit pas plus plaisant aux oreilles, en plus d’être partisan d’un message fort.

17.10.19 11:13

VAK - "Loud wind"

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Auteur d’un très bon premier album acclamé par la critique, les Suédois devaient cependant faire face à a grave maladie d’un de leurs membres, mettant en suspens toute activité du groupe. Mais cette année, Vak est de retour et nous fait voguer avec son nouvel opus « Loud Wind » dans les artères abyssales les plus sombres, là où le groupe s’est terré ces derniers temps. Le style du groupe reste résolument sludge, doté d’une puissance sans nom (essayez de résister à un morceau tel que « Fear The Morning »), et empreint d’une noirceur intense, sans toutefois réfuter une certaine mélodie. Mais cet opus est surtout ultra diversifié. Dès « Loud Wind », Vak se transforme en un Motörhead des temps mordernes, alliant à son sludge un excellent punk and roll. Le très groovy, lourd et barré « Melting Eyes » ramène le groupe aux côtés de Neurosis. Vak joue énormément sur les atmosphères, en témoignent l’hyptnotisant et intriguant « The Birds Of Earth », le très sombre « Defenceless » ou encore le sublimement triste « Underwater Whisper ». « Loud Wind » se révèle être un album redoutable et très en phase avec son temps. On ne peut qu’être heureux de revoir Vak sur le devant de la scène. Avis aux amateurs…

17.10.19 11:11

TUNGSTEN - "We Will Rise"

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Fantaisie du genre du Label, ce nouvel album de Tungsten se montre pourtant bien plus ambivalent dans ses sonorités, offrant une musique aux composantes pratiquement bicéphales. Si le début de l’album se pose clairement comme une balade médiévale revisitée à la sauce power (avec bruits ambiants de ruisseau à la clé !), la seconde moitié s’inscrit beaucoup plus dans le power bien hardos, parfois véloce… tantôt épique, pour ne pas dire grandiose, quand les orgues daignent caresser nos oreilles. «The Fairies Dance» commence, ainsi , presque comme un conte, pour rapidement dégringoler en une marche militaire des plus brutale et survoltée. «It Ain’t Over» ne s’embarrasse même pas d’une intro douillette et propose directement une cavalcade de riffs violents qui ne nous quitte pas tout au long. «As I’m Falling» est du même acabit, tandis que la ligne de basse de «Sweet Vendetta» nous prépare à un nouvel assaut aussi puissant que mystique. Mais le groupe sait aussi s’amuser, notamment sur le titre «Impolite», révélant un comportement beaucoup moins… chevaleresque ! Rien à redire, Tungsten sait étirer les règles du power pour y apporter un twist fort sympa.

17.10.19 11:10

THE NEW ROSES - "Nohing but Wild"

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Quand un groupe fait les choses bien, la reconnaissance des plus grands se fait savoir en un instant. The New Roses se veut être un hommage au Rock Us des années quatre-vingt, avec comme grande influence les Guns n’Roses, Mötley Crue, Kiss,… et ce sont ces derniers qui sont venus les chercher pour l’ouverture de leur tournée d’adieu. Quel meilleur moment pour promouvoir la sortie de leur quatrième album, « Nothing but Wild ». Les Allemands entretiennent la vibe avec passion en proposant des morceaux puissants, directs et courts, énergiques et modernes, tout en gardant l’esprit 80’s. Les refrains se retiennent sans problème et l’envie de bouger et de faire la fête monte à son paroxysme durant l’écoute de « Nothing but Wild ». Ajoutez à cela deux ballades rock/hard fm faites pour mouiller les culottes (ou strings selon la génération) et vous obtenez avec « Nothing but Wild » une grosse claque Rock Us en provenance d’Allemagne. Pour ceux qui ne connaissent pas encore, retenez bien ce nom : THE NEW ROSES !

Le nord de notre plat pays regorge de formations extrêmes de talent. The Curse Of Millhaven en fait très certainement partie. Acclamé par la critique lors de la sortie de leur précédent opus « Plagues », le combo de Ypres nous présente son nouvel album « Thresholds ». Trop souvent placé dans une mauvaise catégorie (catalogués deathcore ou metalcore), « Thresholds » met directement les pendules à l’heure. On parlera dorénavant d’epic death metal ou de melodic death metal. En effet, durant les neuf compositions de « Thresholds », on pourra entendre toute l’étendue et la qualité musicale du groupe. Certes un death bien brutal et technique est utilisé comme base, mais l’ajout de mélodies et de riffs épiques bien placés permet au groupe de se démarquer définitivement. Chaque morceau amène sa pierre à l’édifice et chaque musicien exécute à la perfection ses parties. On pense ici forcément à The Black Dahlia Murder et Aborted mais des influences telles que Amon Amarth et Dark Tranquility (les premiers albums) pour le côté épique et mélodique ne sont pas à négliger. « Thresholds » est un très bon album qui démontre la maturité d’un groupe qui affirme son style et son identité.

Je n’ai pas l’habitude de m’intéresser à ce genre de musique. Je me suis laissé tenter et c’est un avis mitigé qui en ressort pour cet album. Le début sonne vraiment bien, que ce soit avec « Green and Blue » qui entre dans la tête, ou l’intro un peu spéciale de « For Everything » qui attire l’attention. On passe par différents rythmes jusqu’au cinquième titre, pile la moitié du CD. Le reste peine à accrocher, exception faite de « Feeling Fades » qui est moins lent et dont le chant capte l’auditeur. Pour les autres titres, l’ambiance est plus nostalgique ou mélancolique. Ces sentiments étaient déjà présents précédemment, mais le tout restait bien dosé. Et c’est là que le bât blesse, un mauvais dosage rend l’écoute pénible. Personnellement, j’aurai voulu zapper les deux derniers morceaux pour éviter ce côté trop négatif à mon goût. Bref, l’album s’adresse peut-être à un public plus particulier qui saura apprécier l’entièreté du disque. Le titre à écouter : « Green and Blue ».

17.10.19 11:05

WORMED - "Metaportal" EP

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Cela fait déjà une bonne vingtaine d’années que Wormed traine dans le circuit et tous les connaisseurs sont unanimes pour vous dire qu’en plus d’être des gars en or, les Espagnols ont un savoir-faire incroyable en termes de Death Metal brutal et technique. C’est avec un EP, ''Metaportal '', que la formation fait son retour 3 ans après son dernier album (''Krighsu''), 4 titres, 17 minutes d’une folle intensité qui ne connait ni repos ni compassion. Wormed explose tout sur son passage avec des blasts fous associés à une vitesse de guitares hallucinantes, le tout accompagné d’un growl ultra profond. Pour autant, les Espagnols ont pris soin de soigner les ambiances et atmosphères, celles-ci sont on ne peut plus malsaines, notamment sur le terrible ''E-Xystem://CE'' qui résume à lui seul la violence dégagée par ''Metaportal''. 17 minutes, vous conviendrez que c’est peu, mais quand elles sont jouées avec autant de hargne et de dextérité, c’est amplement suffisant pour prendre une claque dont on a du mal à se relever. Wormed prouve une nouvelle fois s’il le fallait qu’il est une valeur sûre dans son style.