04.05.21 19:13

METHADONE SKIES - "Retrofuture Caveman"

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Serez-vous étonné d’apprendre qu’il s’agit d’un opus post-rock, à la vue d’un tel nom de groupe et d’album ? Sans doute pas trop, pas plus qu’en voyant la durée des cinq titres proposés sur la galette. On pinaille, on taquine, mais ce quatuor distille les influences non seulement post-rock, mais aussi doom et stoner depuis une grosse décennie maintenant, et leur relative discrétion rend d’autant plus savoureuse la découverte de leur travail. Chaque opus est un peu différent et mise davantage sur l’un des trois ingrédients du cocktail (même si les deux autres ne sont jamais bien loin !) et on peut s’attendre systématiquement à du nouveau son (presque) tous les deux ans, avec un petit bonus sous forme de remaster de leur premier bébé en octobre de l’année dernière. Dernier élément très accessoire, mais notable, ces braves gens viennent de Roumanie et tout porte à croire qu’ils sont non seulement les premiers artistes de ce pays que je chronique, mais aussi les premiers dont j’écoute la musique, tout court. De quoi donner l’envie de se pencher davantage sur une énième scène bien trop peu reconnue et qui recèle, peut-être, de pépites telles que Methadone Skies.

De cette intro élogieuse, vous retirez certainement un portait plutôt positif, et finalement assez commun à mes chroniques du genre (que voulez-vous, j’aime les titres oniriques…). Il serait bien difficile de le nier : j’ai été charmé par ces cinq morceaux exemplaires, très contemplatifs et jouant davantage avec l’ingrédient « post-rock » pour le coup (désolé pour les plus metalleux : les titres sont ici lumineux et aériens !). La plage tutélaire, débutant l’album, est une fameuse aventure de près de dix-huit minutes de long ! Alors qu’aux alentours des neuf minutes, on attend une longue et lente outro cosmique qui n’en finit plus, les derniers instants du morceau s’alourdissent et prennent une allure pesante et oppressante… De quoi injecter un peu de doom dans cet album ! « Infected by Friendship » retourne vers une mélodie nettement plus douce et captivante, prenant une tournure épique dans sa deuxième moitié. « The Enabler » suit avec une rythmique nettement plus marquée et monotone, où batterie et guitare tronçonnent cette fois pendant pratiquement toute la durée du morceau. On doit dire que les quelques secondes de percussions tribales du début auraient gagnées à rester plus longtemps pour rajouter un peu de couleur au titre. Le prochain titre prend le total contrepied en alternant les ambiances et les rythmes de nombreuses fois : on débute en retournant vers la douceur et le contemplatif pour « Western Luv’ 97 », mais pas pour bien longtemps, puisque la machine s’emballe et donne des allures de doom-stoner plus marquées, les deux salles ne se mélangeant jamais vraiment pour au contraire toujours se tirer la bourre, comme pour jongler entre ce côté rêveur et au contraire nettement plus mélancolique et lourd. Enfin, « When The Sleeper Awakens » propose une guitare plus cradingue, presque punk ! La batterie aussi est plus franche, allant bien avec le tranchant de la guitare. Le tout s’achevant de façon lente et lourde, comme pour boucler ce chapitre sans toutefois concéder la moindre force à ce récit dantesque.  Bref, ce nouveau bébé est un vrai petit bijou qui place Methadone Skies au centre de la carte du post-rock (comme quoi il n’y a pas que les Italiens !) et il nous tarde de replonger dans leurs quatre premiers opus… et d’attendre fébrilement le prochain, que l’on présume voir sortir d’ici une paire d’années !

Informations supplémentaires

  • Note: 4/5
  • Genre: Post-rock
  • Pays: Roumanie
  • Label: Haywire Records
  • Date de sortie: 07.05.21
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Ale