Oli

Oli

Président - Rédacteur en chef

Formé en 2015 dans la région parisienne, Rest In Furia nous balance son troisième EP intitulé Silent Beholders ». Le premier constat après une seule écoute : le groupe a laissé de côté son thrash metal des premiers jours pour produire une musique plus ouverte et diversifiée. C’est en effet principalement à un Gojira que l’on pense en écoutant Rest In Furia, le chant éructé faisant fortement penser à Joe Duplantier. Toutefois, s’arrêter là serait vraiment discriminatoire pour les Parisiens. « No Respect », morceau groovy puissant aux belles mélodies mélancoliques rappellera également Machine Head, voir Paradise Lost via le chant clair. « Those Empty Eyes » dévoilera un côté plus apocalyptique du groupe, tandis que « Waving Crowds », véritable pavé de six minutes trente, se révèlera comme une compo sublime, oscillant entre metal progressif et metal planant, rythmiquement intéressant, nous renvoyant vers Paradise Lost, Mastodon et Gojira. Finalement, seul « Out Of The Kingdom » nous laissera sceptique, ce dernier passant moins bien que les autres morceaux de l’ep. « Silent Beholders » marque un changement et une étape certaine dans la carrière de Rest In Furia car il pose les bases du futur du groupe. Et on ne peut qu’encourager la démarche et attendre la suite.

Ce nouvel album de There’s A Light me ramène directement aux fondements de ma passion pour la musique : découvrir des formations qui n’hésitent pas à briser les codes et les barrières et qui proposent au final une musique unique et rafraîchissante pour notre cerveau. « For What May I hope? For What Must We Hope? » se veut être un voyage dans notre subconscient, aux travers des méandres de nos pensées et idées et de notre vie en général. Parfois purement instrumental (“…The Storm Will Set The Sails”, “Magnolia”), parfois agrémenté d’un chant timide mais au combien important (“Like The Earth Orbits The Sun”), There’s A Light joue avec les atmosphères et nos émotions afin de capter nos désirs d’évasion les plus profonds. Les Allemands s’ouvrent à une musique plus heavy comme sur “Even In The Darkest Place” et n’hésitent pas à parsemer les compositions avec du violoncelle comme par exemple sur “Dark Clouds Behind, Bright Skies Ahead” et “Appearance Of Earth”. Finalement, « For What May I hope? For What Must We Hope? » est tout simplement un pur bijou musical, audacieux et hypnotique, à placer entre toutes les mains d’amateurs de découvertes hors du commun.  

Ce qui m’a frappé dès la première écoute de ce premier album de Horizon Line intitulé « A Place in Time », c’est la capacité à pouvoir trouver des similitudes avec d’autres groupes. Concernant les Français, il est clair que l’ombre de la face rock de Marilyn Manson plane sur les différents morceaux de l’album. Que ce soit via un rock explosif (« Over and Over »), via de la new wave façon Depeche Mode comme lorsque l’Américain reprenait « Personal Jesus » (« The God Syndrome »). On pense également fortement à Placebo à l'écoute de cet opus, le chant et le riffing de certains morceaux y faisant penser directement (« A Place in Time », « Time of Wonders »). C’est surtout dans le chant, rébarbatif sur la longueur tant il montre ses limites (cinquante-cinq minutes tout de même pour l’album) que toutes ces références viennent nous sauter à la figure. Trois morceaux sortent toutefois du lot : « Astheny » et « A Bullet Behind a Glass » se révèlent être de véritable bombes rock, réussissant à égaler le « The Mephistopheles of Los Angeles » du Monsieur Manson, ainsi que « With Me », compo acoustique mélancolique oh combien efficace. « A Place in Time » mérite que l’on s’y attarde tant les bases d’un groupe à en devenir sont là.

Composé d’ex-membres de Reign Of Light et Sharx, Nemesis H.P. nous balance son premier opus « Lion ». Le terme balance peut paraître primaire mais c’est comme cela que pourrait se traduire le style de musique du groupe : ça envoie, ça balance la sauce. Le combo Lillois développe un Hard rock résolument « eighties » mais survitaminé. On pense à des groupes tels que Mötley Crüe, Steel Panther, Motörhead ou encore Mädhouse pour les morceaux les plus festifs et bombastiques. Les Français savent également se transformer en serial lover et faire exploser les cerveaux à la Kiss comme sur les morceaux « Don’t Play The Lover For Me » et « Not Enough ». Enfin des éléments psyche rock façon Blue Öyster Cult sont à notifier comme sur « I’ll Be Waiting ». Touche finale prouvant la qualité du groupe, Nemesis H.P. a réussi le luxe d’un guest prestigieux en la personne de Chris Holmes (Wasp). Rien que ça ! Dans tous les cas, à défaut de réinventer la poudre, « Lion » sera un bon coup de pied au cul pour ceux qui n’arrivent pas à se réveiller, une dose de vitamine pour ceux qui veulent passer un bon moment, et un putain de rail de coke pour tous ceux qui veulent faire la fête jusqu’à pas d’heure.  

Il y a trente ans, il y avait Mötley Crüe, Skid Row, Poison, … Tous ces groupes qui faisaient bouger les hommes, chavirer le cœur des femmes en les rendant totalement folles et hypersexuelles. La bonne époque du «Sex, Drugs, Rock N Roll» quoi. Et bien avec Mädhouse et son nouvel album «Bad Habits», c’est directement à cette période que vous retournerez. Bordel que cet album fait du bien. Fortement influencé par les groupes précités, le combo autrichien joue la carte du glam crazy girl à cent pour cent et cela fonctionne à merveille. Tous les morceaux sont taillés pour la scène et pour faire bouger et danser n’importe quel cul dans une salle de concert. «Bang Bang», «First Lick Than Stick», «I Walk The Poneygirl», «Atomic Love», «Fake It Till You Make It» ou encore «Tourette Brunette»… Autant de titres évocateurs au potentiel de hit single en puissance. Les musiciens maîtrisent leur sujet à la perfection et la production totalement réalisée par le guitariste Mikky Stixx est puissante mais fidèle aux racines du groupe. Le seul bémol de «Bad Habits» pourrait être sa longueur (pas moins de quinze morceaux) mais c’est vraiment chercher des niaises car une fois l’album fini on remet «play» et c’est parti. Mädhouse délivre avec «Bad Habits» un album magistral qui se veut être un hommage aux plus grands du genre. Là-dessus, je fonce au stripclub !!

21.11.21 16:07

FURR - "Thank you"

Après un premier single acclamé par la critique en 2020, Furr nous balance son premier ep «Thank You». Musicalement, les Français proposent un metal alternatif aux riffs parfois groovy parfois tranchants, variant les rythmiques et les mélodies à bon escient. Que ce soit «Thank You», «My World» ou encore «Again», la musique se veut bien en place. Mais là où le bas blesse, c’est au niveau des chants. On apprécie fortement les mélodies d’Eva. Malheureusement, ces dernières ne collent pas avec le chant éraillé et éreintant d’Arnold qui vient tout simplement gâcher la performance du reste du groupe. Au final, il faudra attendre le dernier morceau de cet EP «Fight» (qui est en fait le single de 2020) pour se prendre une bonne dose de metal bien fait. « Thank You » aurait du être une belle évolution pour Furr. C’est malheureusement l’inverse qui se produit.

C’est toujours ce que je préfère dans le fait d’écrire des chroniques. Me retrouver sur le cul en écoutant des formations qui me sont totalement inconnues et qui me font triper comme jamais. C’est le cas de Begat The Nephilim. Avec leur nouvel opus « II : The Grand Procession », les Anglais n’ont qu’une idée en tête : rallier à leur cause les fans de metal extrême ! De « Panegyric » à « Leucomalachite Green », BTN offre une performance digne des plus grands, mélangeant un black mélodique à un death metal apocalyptique. On pense fortement à The Black Dahlia Murder et Cattle Decapitation en écoutant des tracks tant le niveau technique proposé se veut au niveau des deux formations précitées. Chaque seconde est minutieusement pensée afin que l’on ne perde pas le fil , que ce soit dans la composition des morceaux ou via les interludes musicaux proposés. L'ajout de mosh à la Whitechapel, de claviers accentuant les ambiances apocalyptiques ou encore d’éléments tirés du prog font de cet opus un bijou de créativité. On pensera aussi à un groupe tel que Cradle Of Filth via le chant de Tyler Smith sur « The Grand Procession Part II » où l’on a carrément l’impression d’entendre Mr Dani Filth chanter. Des plus surprenantes. Begat The Nephilim n’a aucune limite et démontre avec « II: The Grand Procession » que la perfection peut être atteinte. Un pure délice !

Parfois on met de la musique pour avoir un fond sonore et, alors que l’on est plongé dans tout autre chose, on se rend compte qu’on headbangue et qu’on kiffe l’album qui est en train de passer dans la platine. Lorsque votre subconscient se prend à aimer ce à quoi vous ne prêtez pas attention, c’est que l’on touche à quelque chose de vraiment bon. Et c’est le cas avec l’album du combo alpin intitulé «New Horizon». Le stoner entremêlé de prog et de rock dur bien énervé sublimé par un chant clair et hurlé nous transporte dans un univers où l’oppression et la sensation alarmante d’un événement chaotique demeure imminent. De «Vultures» à «New Horizon» en passant par «The Unknown PT.2» et «Another Face»… Tout est mis en œuvre pour que fureur et mélancolie viennent nous écorcher à vif. «New Horizon» est un album réussi réalisé de main de maître par un BlackBeard qui mérite d’être découvert par le plus grand nombre.

Deuxième album pour Tigerleech qui nous propose cette année « Melancholy Bridge ». Amateurs de musique lourde et intense émotionnellement, cet album sera pour vous. Mélangeant avec subtilité du stoner, du hardcore et du sludge, les Français réussissent à capter notre attention et viennent s’immiscer dans notre cerveau et nous hypnotiser. Le son est lourd, puissant, et les mélodies nous rendent mélancoliques. Les thèmes abordés par le groupe sont la dépression, l’égocentrisme humain, la dégénérescence de la Terre, … de quoi assombrir encore plus leur musique. Cet album est une réussite car il a réussi à me captiver comme Crowbar avait réussi à le faire en son temps. « Melancholy Bridge » marque une étape dans la carrière de Tigerleech et est à conseiller aux fans de Crowbar, Corrosion Of Conformity, Rongeur, …

Suite aux nombreux remous autour du groupe concernant le départ de leur chanteur, on se demandait ce qu’allait devenir Bad Wolves, plus communément appelé par les journalistes Tommy Vext & the Bad Wolves. C’était sans compter sur la volonté des autres membres de prouver que Bad Wolves est un groupe à part entière. Après avoir recruté ni plus ni moins DL comme chanteur (guitariste de The Acacia Strain et collaborateur de groupes tels que All That Remains entre autres), les Américains reviennent avec « Dear Monsters ». Cet opus se révèle très varié et d’une efficacité redoutable, proposant un metalcore moderne groovy, lourd et mélodique, comme si Light The Torch et Meshuggah avaient fusionné. Des morceaux tels que « Sacred Kiss », « Lifeline » ou encore « Classical » en sont les meilleures preuves. Mais le groupe ne s'arrête pas là. Il peut devenir atmosphérique à la Bring Me The Horizon (« Gone »), djent à souhait (« On The Case ») ou encore rock metal survitaminé comme si Muse avait pris un boost (« Comatose »). Mes deux coups de cœur seront « Springfield Summer », single commercial donnant l’impression qu’Imagine Dragons pratiquant le metal, ainsi que « In The Middle », ballade limite hard fm tout simplement superbe. Doté d’une évolution musicale certaine et grâce à un chanteur qui n’a rien à envier à son prédécesseur, Bad Wolves balance avec « Dear Monsters » la réponse parfaite envers tous les détracteurs.

Après les retours plus que positifs de leurs deux premiers albums, Scarved se devait de confirmer avec leur nouvelle offrande « Flashback ». Mélangeant subtilement rock, hard rock et metal, les Belges affinent leur style et, emmenés de main de fer par leur chanteuse Caro Verboven, nous proposent un album très varié, mais homogène. Du rock mélodique de « Flash » au heavy metal survolté de « Head over heels », du hard rock eighties qui fait danser façon Guns n’roses de « Flashback » ou « Poison kiss » au rock groovy psychédélique des seventies de « Schizophrenia » et « Catch me offline ». Ou encore du slow/ballade hard fm « Lost in space » digne du « You and I » de Scorpions, au Rock thrashy façon Metallica de « Lockdown » … tous ces éléments sont ici pensés et imbriqués ensemble pour proposer pas moins de dix hits qui feront fureur dans votre platine, mais également en concert. Mon coup de cœur ira pour le morceau « Rising soul » et son rock progressif ultra seventies rappelant Black Sabbath et autre Blue Öyster Cult grâce aux claviers. Bref, si vous cherchez un très bon album de Hard rock/metal moderne mais qui peut vous faire voyager dans le temps, foncez sur « Flashback ». C’est du tout bon et c’est du belge !

Il faut le dire, « The last of us » m’avait mis sur le cul. Republic Of Rock’n Roll m'avait complètement surpris avec son pur mélange de Foo Fighters et Queens Of The Stone Age. C’est dire si j’attendais « Baudelaire le revenant » avec impatience. Une chose est certaine : les Français gardent les mêmes bases qui les ont fait connaître, c’est-à-dire un power rock parfois furieux et survolté, parfois plus perfide et tiré des années septante. Mais l’on peut retrouver d’autres influences venues s'ajouter au style efficace du groupe. On pense souvent à Guns N’Roses (« La fontaine de sang », « Sed non satiata », au rock parfois psyché et bluesy de Black Stone Cherry et Blue Öyster Cult (« Je suis comme le roi »), au hard rock d’un certain AC/DC, ou encore à certaines références de l’Hexagone telles que Saez et Noir Désir (« Chant d’automne », « À celle qui est trop gaie »). Dans l’ensemble, les morceaux sont plus directs et toujours aussi percutants. La qualité est au rendez-vous. Toutefois, un effort sur le mix du chant aurait encore pu élever l’album. Chanté en Français (cela mérite d’être salué) et exécuté d’une main de maître, Republic of Rock’n Roll délivré avec « Baudelaire le revenant » un album puissant, barré, diversifié, qui vient confirmer tout le bien que l’on pensait d’eux.

Le groupe Montserrat tient son nom d’un territoire britannique d’outre-mer. L’envie de nommer le groupe avec ce nom vient d’un souvenir d’enfance qui était l’entrée en éruption du Volcan de ladite île qui tua dix-neuf personnes et ravagea la capitale Plymouth. D’où le titre de ce ep : « Plymouth under ashes ». Musicalement, le groupe se présente comme pratiquant un « Extreme Carribean metal ». A l’écoute du premier morceau « Plymouth under ashes », on comprend le côté caraïbe avec une intro digne du « Ecuador » de Dj Sash… avant qu’un death metal extrême avec un chant ultra guttural ne vienne nous exploser les tympans. Me voilà assez décontenancé. Et cela continue avec « The tidal wave » et des breaks et des sons complètement bizarres rendant la track incompréhensible. Finalement, « Ov hearthquakes and hurricanes » viendra clôturer cette torture auditive, mélange de mosh deathcore et de death épique et mélodique. La démarche est donc ici difficile à cerner, les mélanges des genres sont grossiers, sonnant comme du « happy death metal » rythmiquement. Malheureusement, cet ep est un pétard mouillé et totalement dispensable. Faire du déjanté et du bizarre, ok, mais alors le faire de manière réfléchie et complètement barrée. N’est pas Carnival In Coal qui veut… 

Il y a des groupes que l’on est content de retrouver. Formé au début des années nonantes, Iron Flesh ressort d’outre-tombe pour nous proposer une torture auditive jouissive avec « Summoning the putrid ». On a bien toujours affaire à un bon old school death metal au son typique de cette bonne vieille pédale HM-2. Des morceaux tels que « Servants of Oblivion », «Relinquished flesh» et «Incursion of evil» sont là pour nous confirmer que ça va défourailler sec et nous rappellent que les alternances rythmiques sont toujours aussi efficaces. Ce qui a toujours marqué sur un album de Iron Flesh, c’est cette capacité à incorporer des mélodies malsaines et empreintes de tristesse, rendant les compositions épiques tout en demeurant de véritables rouleaux-compresseurs. « Demonic Enn », « Purify through blasphemy » ou encore le redoutable « Cursed beyond death (me rappelant même un certain Type O Negative dans le duo basse/chant) » en sont les meilleurs exemples. Qui dit old school death metal ne dit pas forcément riffs fast riffing. « Death and the reaper’s scythe », pavé de plus de huit minutes, vient nous le prouver avec sa rythmique pachydermique, véritable marche des morts-vivants. Enfin, cet album ne pouvait mieux se terminer qu’avec « Convicted faith », six minutes et vingt secondes d’agonie sublimées par des mélodies à en faire pâlir un certain Paradise Lost. « Summoning the putrid » est tout bonnement un retour gagnant pour Iron Flesh qui propose là une future pierre angulaire du style. Pour tous ceux qui aiment Asphyx, Bolt Thrower, Hail of Bullets, Paradise Lost et qui recherchent encore mieux. Succulent ! 

Les Français de For The Sin nous proposent leur premier album « The Human Beast » qui fait suite à leur premier Ep « Sweet Suffering ». Comme tout groupe de hardcore, les musiciens balancent toute leur rage et haine via un chant typique pour le style ainsi que via une musique énergique et lourde pourvue de beatdown ravageurs. Ajoutez à leurs compositions des relents de slam death, créant ainsi de bonnes variations rythmiques et vous obtenez « The Human Beast ». Certains « pigsqueals » sont également à noter. Les compos sont maîtrisées et on sent que les membres du groupe donnent tout ce qu’ils ont. Malheureusement, cela ne suffira pas à me faire bondir de ma chaise ou me rendre complètement fou. La faute à une production trop plate ? Peut-être. Ou bien ce serait le chant devenu trop rébarbatif ? Peut-être également. Quoiqu’il en soit, la sauce ne prend pas. Ma note peut paraître sévère mais c’est mon ressenti. Par contre, je suis également certain que dès que le groupe se mettra en marche sur scène, la note remontera. Comme je le dis souvent : « le hardcore se vit en live sur scène et non sur cd dans son salon ».

Trois morceaux… En l’espace de trois morceaux, Overdrivers nous met une patate d’enfer avec leur « Rock out ! » qui fait un bien fou. Les morceaux font headbanguer, donnent envie de bouger, de baiser et de boire une putain de bière. Musicalement, les Français pratiquent un rock parfois heavy mais surtout à tendance rock n’roll. Que ce soit plus Motörhead (« You cheated on me ») ou bien AC/DC (« Factory »), les compositions sont ultra bien foutues et mélodiques à souhait, le tout avec les « Balls ». Enfin « Forever Young » sera là pour nous rappeler que rien n’est aussi bon qu’un morceau de rock n’roll. Alors oui, trois morceaux, c’est peu… trop peu. Car à peine la tête se met à bouger que le player s’arrête. Mais cela ne fait rien car on appuiera juste sur la touche repeat et l’on ne quittera plus ce « Rock out ! » qui va coller tout fan du style pendant plusieurs mois. Vite l’album putain !

L’an dernier, le premier EP de Last Addiction fut une belle surprise. Tout droit sorti des « Terres froides », le combo revient cette fois avec un album intitulé « Inner abyss ». Lyriquement toujours inspirés, les Français nous parlent cette fois des quelques théories, dont la collapsologie, qui prédit la fin de notre modèle de civilisation, et la nature du genre humain en totale perdition. Musicalement, on a toujours affaire à un hybride. La base est un heavy-metalcore où le maître mot serait « mélodique ». L’alternance de chants clairs et gutturaux vient renforcer le style proposé. Les deux morceaux que sont « The skin on my bones » et « Between two worlds » en sont les meilleures preuves. Viens ensuite le moment où Last Addiction joue avec les éléments du genre « metal » et « rock » afin de varier au maximum ses compositions. « The temple » et son bridge acoustique rappelant Staind, les structures et rythmiques très Gojira sur « Welcome in my badland » ou encore le post dark mélancolique « Demons on your shoulders – Part. II » durant lequel s’entremêlent un beau piano ainsi que des blasts… Autant d’éléments qui tiennent en haleine l’auditeur durant l’intégralité de l’écoute de « Inner abyss ». Mes deux coups de cœur seront « The red tape », dont le rock sombre et épique se révèlera efficace et parfait pour une bande-son de film apocalyptique, ainsi que « Falling in hell with you », morceau ultra direct et brut de décoffrage, qui pourrait être tout droit sorti du meilleur album d’un Killswitch Engage ». « Inner Abyss » est donc un album qui peut sembler simple, mais qui est au final parsemé d’une multitude de subtilités, le rendant addictif, et qui fait de Last Addiction un groupe à suivre de très très près.

Formé en 2020, Ensanguinate nous balance son premier EP « Entranced by decay » contenant quatre titres initialement sortis de manière indépendante l’an dernier et distribué uniquement dans leur propre pays. Récemment signés sur le label Emanzipation Productions, les Slovènes ont maintenant l’opportunité de faire connaitre ce premier opus au plus grand nombre. Ensanguinate pratique un death metal bien old school, celui de l’époque où le death et le thrash étaient très proches et où seuls les styles de chants ainsi que les thèmes abordés permettaient de différencier les formations. Le chant guttural caverneux, limite black metal, vient définitivement placer le groupe dans la catégorie la plus extrême, proposant une musique les plaçant entre Possessed et Nihilist. Les morceaux « Ghoul presence », « Hunted » et « Untented graves, scattered remains » prouvent la dévotion au style death black old school sombre, sanglant, putride et baveux. On pourra toutefois se réjouir de retenir également comme influence Morbid Angel, dont la lourdeur typique se fait ressentir sur « Pit of Ash », troisième plage de cet EP. Avec « Entranced by decay », Ensanguinate ne révolutionne rien, mais réussit une entrée par la petite porte dans la scène death metal européenne. On attend maintenant la suite… 

24.04.21 08:10

VIOLENCE - "Opus I"

Artiste reconnu mondialement dans le milieu de la Bass Music, Frédéric Garcia, alias Niveau Zero, décide de se lancer dans un nouveau projet alliant son univers musical avec celui du metal hardcore. Accompagné de Fabio Meschini (L’esprit du Clan, As They Burn) et Morgan Sansous (Henker), ce projet se nomme Violence, et celui-ci porte son nom à la perfection. En effet, après l’écoute des morceaux de « Opus I » les premiers mots qui viennent à l’esprit sont : percutant, puissant, efficace. Tout commence avec « The rising », pur mélange de metal hardcore et de sonorités indus. S’en suit « Behind masks » avec en guest Code : Pandorum, véritable morceau dubstep/harcore metal explosif, original et très bien foutu. Et ce savant mélange musical, c’est la recette folle du groupe. Prenez des morceaux comme « Engine », « My Fate », « Poison and the cure » ou encore « Violence will not save you »… Autant de bombes calibrées pour faire mal et faire réagir l’audience. Quelques interludes sombres et atmosphériques sont placés à bon escient, nous permettant de souffler un peu avant de se prendre de nouveaux coups de massue dans le crâne. Et que dire de ce bijou qu’est « Wolves », titre limite black metal apocalyptique prenant aux tripes et sublimé par de superbes nappes de synthés. Vous l’aurez compris, Violence met la barre très haute, proposant un album de qualité, varié et perturbant et taillé pour le live. C’est en fait comme si Fear Factory, Clawfinger et Meshuggah s’étaient alliés à I Am X ou Skrillex. Une autre preuve de cette qualité, c’est la présence de guests renommés tels que Code : Pandorum, Julien Lebon d’Atlantis Chronicles, ainsi que Monsieur Billy Graziadei (Biohazard, Powerflo) dont la présence au chant sur l’alarmant « My fate » vient remettre une couche d’agressivité, pour un rendu des plus percutants. « Opus 1 », en plus d’être une pépite au potentiel commercial énorme, est avant tout une ode à la révolte. Violence vient nous rappeler que cette révolte a déjà commencé et qu’elle arrive sous peu à son paroxysme. Et si Violence était tout simplement la bande-son parfaite de l’apocalypse ??  

Derrière le nom Pictures on Silence se cache un multi-instrumentiste en la personne de Fred Bressan qui nous présente son EP éponyme. Souvent, quand on parle de post-rock ambiant, on pense à un album instrumental. Cet EP n’échappe pas à la règle. Musicalement, le musicien propose un rock ambiant dans lequel les reverbs et les delays typiques du style s’en donnent à cœur joie. Parfois calme, parfois plus poussif, le mélange de rock et de synthé fonctionne bien. Le but de cet EP est de nous faire voyager au plus profond de nous-même afin de découvrir ou redécouvrir des sentiments, des émotions, ou encore des souvenirs oubliés. Fred Bressan réussit ce pari et à l’écoute des quatre titres, on se dit que la musique proposée permettra à tout un chacun de s’évader, quelle que soit l’émotion recherchée, la tristesse ou la plénitude. Avec Pictures on Silence, Fred Bressan mélange ses influences diverses et reconnaissables que sont Radiohead, This Will Destroy You ou encore Caspian et réussit à se créer une identité propre. À conseiller à tout amateur de bonne musique ambiante et à tout musicien désireux de découvrir un artiste talentueux.