Oli

Oli

Président - Rédacteur en chef

Formé en 2020, Ensanguinate nous balance son premier EP « Entranced by decay » contenant quatre titres initialement sortis de manière indépendante l’an dernier et distribué uniquement dans leur propre pays. Récemment signés sur le label Emanzipation Productions, les Slovènes ont maintenant l’opportunité de faire connaitre ce premier opus au plus grand nombre. Ensanguinate pratique un death metal bien old school, celui de l’époque où le death et le thrash étaient très proches et où seuls les styles de chants ainsi que les thèmes abordés permettaient de différencier les formations. Le chant guttural caverneux, limite black metal, vient définitivement placer le groupe dans la catégorie la plus extrême, proposant une musique les plaçant entre Possessed et Nihilist. Les morceaux « Ghoul presence », « Hunted » et « Untented graves, scattered remains » prouvent la dévotion au style death black old school sombre, sanglant, putride et baveux. On pourra toutefois se réjouir de retenir également comme influence Morbid Angel, dont la lourdeur typique se fait ressentir sur « Pit of Ash », troisième plage de cet EP. Avec « Entranced by decay », Ensanguinate ne révolutionne rien, mais réussit une entrée par la petite porte dans la scène death metal européenne. On attend maintenant la suite… 

24.04.21 08:10

VIOLENCE - "Opus I"

Artiste reconnu mondialement dans le milieu de la Bass Music, Frédéric Garcia, alias Niveau Zero, décide de se lancer dans un nouveau projet alliant son univers musical avec celui du metal hardcore. Accompagné de Fabio Meschini (L’esprit du Clan, As They Burn) et Morgan Sansous (Henker), ce projet se nomme Violence, et celui-ci porte son nom à la perfection. En effet, après l’écoute des morceaux de « Opus I » les premiers mots qui viennent à l’esprit sont : percutant, puissant, efficace. Tout commence avec « The rising », pur mélange de metal hardcore et de sonorités indus. S’en suit « Behind masks » avec en guest Code : Pandorum, véritable morceau dubstep/harcore metal explosif, original et très bien foutu. Et ce savant mélange musical, c’est la recette folle du groupe. Prenez des morceaux comme « Engine », « My Fate », « Poison and the cure » ou encore « Violence will not save you »… Autant de bombes calibrées pour faire mal et faire réagir l’audience. Quelques interludes sombres et atmosphériques sont placés à bon escient, nous permettant de souffler un peu avant de se prendre de nouveaux coups de massue dans le crâne. Et que dire de ce bijou qu’est « Wolves », titre limite black metal apocalyptique prenant aux tripes et sublimé par de superbes nappes de synthés. Vous l’aurez compris, Violence met la barre très haute, proposant un album de qualité, varié et perturbant et taillé pour le live. C’est en fait comme si Fear Factory, Clawfinger et Meshuggah s’étaient alliés à I Am X ou Skrillex. Une autre preuve de cette qualité, c’est la présence de guests renommés tels que Code : Pandorum, Julien Lebon d’Atlantis Chronicles, ainsi que Monsieur Billy Graziadei (Biohazard, Powerflo) dont la présence au chant sur l’alarmant « My fate » vient remettre une couche d’agressivité, pour un rendu des plus percutants. « Opus 1 », en plus d’être une pépite au potentiel commercial énorme, est avant tout une ode à la révolte. Violence vient nous rappeler que cette révolte a déjà commencé et qu’elle arrive sous peu à son paroxysme. Et si Violence était tout simplement la bande-son parfaite de l’apocalypse ??  

Derrière le nom Pictures on Silence se cache un multi-instrumentiste en la personne de Fred Bressan qui nous présente son EP éponyme. Souvent, quand on parle de post-rock ambiant, on pense à un album instrumental. Cet EP n’échappe pas à la règle. Musicalement, le musicien propose un rock ambiant dans lequel les reverbs et les delays typiques du style s’en donnent à cœur joie. Parfois calme, parfois plus poussif, le mélange de rock et de synthé fonctionne bien. Le but de cet EP est de nous faire voyager au plus profond de nous-même afin de découvrir ou redécouvrir des sentiments, des émotions, ou encore des souvenirs oubliés. Fred Bressan réussit ce pari et à l’écoute des quatre titres, on se dit que la musique proposée permettra à tout un chacun de s’évader, quelle que soit l’émotion recherchée, la tristesse ou la plénitude. Avec Pictures on Silence, Fred Bressan mélange ses influences diverses et reconnaissables que sont Radiohead, This Will Destroy You ou encore Caspian et réussit à se créer une identité propre. À conseiller à tout amateur de bonne musique ambiante et à tout musicien désireux de découvrir un artiste talentueux.

Quand je lis la biographie de Phosphen et que l’on évoque le style du groupe, on pense directement à un rock corsé moderne qui va pulser sévère. Mais c’est en fait tout l’inverse. Le trio pioche ses influences dans les sonorités électroniques tout droit sorties des années quatre-vingt. On a ici affaire à un électro-rock dit « rétro ». C’est donc à un groupe comme Depeche Mode que l’on pense quand on parle des effets et ambiances. Pour le côté rock, le style du groupe me fait penser à des formations comme U2 et Calogero. Le rock teinté de pop proposé par les Français est riche en émotion, empreint d’une certaine tristesse. En alternant rock burné donnant envie de bouger et pop soft au piano ou aux guitares, Phosphen arrive à nous captiver et crée une connexion avec notre cortex. Le groupe peut également diversifier son style en proposant des éléments funk (« Wonderland ») ou des influences du rock anglais (« Lying under » qui pourrait se retrouver sur un album de Keane). Le chant féminin vient se coller aux ambiances de la musique, parfois sombre comme sur le dark rock de « This might be heaven », parfois tout en douceur comme sur le superbe « Reflection ». Principalement proposé en anglais, mais également en français (« Abysses »), « Phosphen » se révèle être un album plutôt surprenant et qui pourrait plaire à un grand nombre d’auditeurs. 

Aborder le premier album de No Terror In The Bang, c’est comme se jeter du haut d’un pont en espérant que l’élastique qui nous retient ne flanche pas. Imaginez un peu le crossover de Skunk Anansie, le côté barré de The Dillinger Escape Plan, la puissance rythmique de Periphery, la sensibilité de Deftones, le metal moderne d’In This Moment, l’atmosphère apocalyptique, mais sublime de Devin Townsend, la folie de Faith No More et le seventies jazz sombre et dramatique d’un James Bond… le tout balancé dans un shaker et proposé de manière variée au bon vouloir des musiciens, dont le cerveau n’est probablement pas humain au vu de la complexité et de la richesse des compositions que forment « Eclosion ». Ce mélange, pourtant difficile à imaginer, fait son chemin, morceau après morceau, emmené par ce qui est pour moi la meilleure frontwoman de cette dernière décennie, Sofia Bortoluzzi, qui réussit à prendre la main de son auditeur et l’emmène dans des mondes et des histoires profondément sombres. Sofia, c’est la folie de Poppy, l’explosivité de Tatiana Shmayluk (Jinjer), ainsi que la puissance de Sarah Vaughan et Ella Fitzgerald réunies dans un même corps. « Eclosion » porte on ne peut mieux son nom, tant on a l’impression qu’un monstre vient de naitre. Pour apprécier cet album, laissez vos préjugés et vos principes musicaux au placard, fermez les yeux et laissez vous emporter par No Terror In The Bang !

Suite à la sortie de leur EP l’an dernier, il y avait fort à parier que Capra allait signer sur un gros label. Et c’est chose faite, le quartet de la Louisiane proposant son nouvel album « In transmission » en collaboration avec Metal Blade records ! Musicalement, le combo de Lafayette balance toujours un punk hardcore metal puissant et oppressant. La chanteuse Crow Lotus éructe toujours ses textes en sortant tout ce qu’elle a du plus profond d’elle-même. Le savant mélange proposé tend vers Walls of Jericho, All For Nothing ainsi que Trap Them ou encore Rise and Fall. Des tracks tels que « Medusa », « Paper tongues » et « Mutt » sont redoutable d’efficacité. Que dire des morceaux « Hollow doll » et « Samuraiah Carey » durant lesquels des blasts annihilateurs viennent nous aplatir totalement, nous faisant penser qu’en plus d’être oppressé, il n’y a aucune issue, et que nous allons tous y passer. « In transmission » sonne vrai et sent le vécu. Cela prend aux tripes et donne la sensation d’un sentiment d’insécurité permanent. Même si, après quelques écoutes, on peut avoir la sensation de redondance due au fait qu’il n’y ait pas de réel temps mort, au final, on s’en balance ! Car le style le veut. Et surtout parce que c’est foutrement bon !

Visions Of Dystopia est un duo multi-instrumentiste qui nous propose aujourd’hui son premier album « A nightmare on dystopian street ». Rien qu’en lisant le titre de l’album, les amateurs et connaisseurs de films d’horreur reconnaitront le clin d’œil au célèbre tueur Freddy, le titre original du film étant « A nightmare on Elm street ». De l’horreur, il en est fortement question. En effet, durant les huit morceaux que compose ce nouvel opus, les Français alternent et superposent des atmosphères sombres et glauques avec des narrations et dialogues tirés des pires films d’horreur, mais réinterprétés pour l’occasion. Les influences sont tirées de films tels que "L’exorciste", "Saw" ou encore "Chucky". Musicalement, le duo nous envoie un metal technique et progressif, proposant au final plus une bande-son de film qu’un album réel. Hormis les narrations et dialogues, cet album demeure instrumental et à l’exécution parfaite. Toutefois, malgré un tracklisting minutieusement pensé pour nous empêcher de décrocher, on peine à arriver au bout de « Suffering games », dernier titre de l’album. « A nightmare on dystopian street » est un album réussi, mais qui restera réservé à un public restreint.

 

Octane est maintenant présent dans le paysage metal de l’hexagone depuis quelques années. Avant tout, ce groupe est une bande de potes désireux de passer un bon moment ensemble et proposer une musique à partager avec un public. Sur ce point, les Français y arrivent parfaitement. Leur nouvel opus « The life I choose » contient sept morceaux aux rythmiques assassines et groovy et aux mélodies bien pensées. On ne peut faire sans penser à Black Label Society et Black Stone Cherry dans le style proposé par Octane, le style d’écriture et les placements rythmiques y étant pour quelque chose. Des morceaux tels que « Parasite », « Another way » ou encore le plus heavy proche des années quatre-vingt « The life I choose » en sont les meilleures preuves. Mais, car oui il y a un « mais », le chant féminin vient aplatir les compositions. C’est comme s’il y avait un manque de travail sur ce point. On aurait voulu l’entendre avec des effets divers ou parfois simplement une reverb forte, et non pas brut comme sur l’album. On a parfois l’impression de se demander ce qu’il fait là. Malheureusement, cela vient ternir la musique du groupe (alors que le chant masculin est quant à lui très bon et efficace). Au final, « The life I choose » nous laisse le cul entre deux chaises. Reste la scène sur laquelle Octane dans son ensemble doit probablement mettre tout le monde d’accord.

05.04.21 09:33

MURPHY - "Murphy"

Formé en 2018 par deux membres issus de scènes diamétralement opposées, Murphy propose son premier album éponyme. Le subtil mélange des genres, électro pour l’un et métal pour le second, donne naissance à un dark synthwave des plus étonnants. Sur la trame électronique vient se poser un chant screamo et rap typique du neo-métal. Le duo nantais rend son style unique en incorporant des éléments tirés de films d’horreur des années nonante. On pense à "Scream", "Vendredi 13" ou encore "Halloween" durant l’écoute de cet album. Les huit morceaux racontent d’ailleurs l’histoire d’un mystérieux tueur en série sur le campus d'AbbyRoad, petite ville de l’ouest des États-Unis. Ayant été adolescent à cette époque, il va sans dire que cet album dans son intégralité m’a renvoyé vers mes souvenirs de films d’horreur et des ambiances de l’époque, pour mon plus grand plaisir. Murphy réussit à capter l’essence même de la synthwave et la propose dans sa partie la plus sombre, tout en étant accessible à tous. « Murphy » est un album subtil, une expérience unique, du « Slasher audio ». Cet opus est à conseiller à tout fan de films d’horreur, aux aficionados des bandes-son telles que « Stranger things » ou encore au public de Perturbator ou encore Gost. Une pure TUERIE !!!

Mirizon a bien compris qu’il ne servait plus à rien de nos jours de se lancer avec des démos, mais qu’il était préférable de proposer directement un full album. C’est ce qu’ils font deux ans à peine leur création avec « Shrinking Violet ». Tout d’abord, venons-en au style annoncé : Metalcore « hybride ». Si cela est dû au fait que la formation compte parmi ses membres un violoniste à plein temps, alors oui, c’est hybride et surtout réussi. L’apport du violon est clairement un plus pour les Nantais. Pour le reste, on est en plein dans du metalcore. On pense principalement à Bring Me The Horizon et Architects tant les rythmiques et les samples font référence à ces deux groupes. C’est brutal et très bien exécuté. Les mélodies nous renvoient vers I Prevail et sont très bien placées. Les breaks quant à eux sortent du carcan habituel du style metalcore et font plutôt penser à Gojira, devenu référence ultime de la scène extrême hexagonale. Toutefois, on a l’impression de tourner en rond au fur et à mesure de l’écoute. Cela est probablement dû à un chant qui est éreintant sur la durée. Je mentionnerai le mélancolique et déchirant « Small war » ainsi que le superbe « Eternal disillusion » ou encore la ballade triste et magnifique « À la cendre et la neige » comme coups de cœur. Au final, ce « Shrinking violet » laisse un sentiment mitigé, car parfaitement exécuté, mais qui malgré ce plus amené par le violon, se révèle trop peu original pour sortir du lot.

Découvert il y a cinq ans avec leur premier album « Wasted years », Nawather revient nous envouter avec leur nouvel opus « Kenz illusion ». Le metal progressif proposé par les Tunisiens évolue pour être plus efficace et plus facile à écouter. Les compositions parfaitement exécutées ainsi que le chant en tunisien de Ryma et de Wajdi sont sublimés par les consonances et instrumentations purement orientales, donnant au final un metal des plus original, conférant une identité unique au groupe. Principalement progressif (« Breath of Jasmin », « Treasure chest »), Nawather peut se révéler lourd et puissant (« Immortal grid » sonnant limite heavy et power metal) ou très planant (« The wind of death » »). « Kenz Illusion » marque clairement une étape pour Nawather qui, avec ce nouvel opus, nous propose un voyage magistral entre Carthage, Kelibia et Tunis. Superbe.

Formé en 1989, Toxaemia fut l’un des premiers groupes de death metal en provenance de Suède. Délivrant les premières offrandes du style entre 1989 et 1992 (un EP et deux singles), le groupe éclate et ce n’est qu’en 2017 que les Suédois se reforment pour sortir aujourd’hui son premier album, soit vingt-deux ans après sa création ! De ce fait, le nom Toxaemia ne vous dira surement rien, mais ce nouvel opus « Where paths divide » vaut tout de même le détour. De « Where paths divide » à « Hate within », les Suédois nous font revenir aux sources, à l’époque où le fast thrash se transforme en death metal old school, quand les riffs étaient sales et crades, quand l’alternance des blasts furieux et les mid-tempo étaient quelque chose d’original. On a ici affaire à un cocktail puissant et bien old school. Des morceaux tels que « Buried to rot », « Betrayal », « Toxaemia » ou encore « Leprosy » en sont les meilleures preuves. Le but de cet album est de nous faire rendre compte de l’impact de Toxaemia sur le futur de la scène death suédoise de l’époque. La production quant à elle est bien de notre époque, puissante mais fidèle avec le maitre du style derrière les manettes : Monsieur Dan Swanö (Entombed, Dismember, Incantation, Hail of Bullets, …) en personne ! « Where paths divide » est un retour gagnant pour Toxaemia. Reste à savoir s’ils sauront se faire une place car il s’en est passé des choses depuis ces vingt dernières années. 

Oyez, oyez, peuple des forêts mystérieuse ! Pitkan Matkan est de retour avec son deuxième opus « From despair to rebirth ». Le groupe s’inscrit dans un style Viking metal, mélange de black metal et de folk, nous faisant passer de la joie dansante à la violence ultime. Les mélodies constantes nous permettent de survivre aux monstres et autres créatures des forêts paisibles (mais pas tant que ça) et nous permettent d’écouter ce nouvel album comme si c’était un récit ou un conte. L’ajout de samples et autres effets guerriers viennent embellir les odes proposées par le combo français. Les nombreuses influences des membres se font ressentir durant toute l’écoute de « From despair to rebirth » : le heavy et le thrash (« Important help »), le côté épique nordique (« Battle is near »), et un certain riffing bien sombre contrastant avec les mélodies proposées (« Magical lake »). Malheureusement, ces influences trop nombreuses nous font parfois perdre le fil de l’histoire, des morceaux tels que « Black birds escape » ou encore « The old boozer man » en sont les meilleures preuves. La production demeure le gros point faible de cet album, desservant les musiciens. Toutefois, trois morceaux sont à retenir. « The forest of the ancient druids », durant lequel le groupe va nous faire headbanguer et nous emmène enfin à la guerre avec eux. Ensuite, « Betrayal » et son intro heavy et fin moderne et lourde. Enfin je citerai « Important help », mid-tempo épique ultra efficace. Avec « From despair to rebirth », Pitkan Matkan trouvera son public, mais doit encore s’améliorer pour pouvoir titiller les grands du genre.

Formé en 2014 du côté de Paris, A Place to Die nous propose son deuxième EP intitulé « Dystopia ». Pratiquant un metalcore que l’on pourrait qualifier de traditionnel, les Français le pratiquent à un très bon niveau. De « Behind the mask » à « Depression » en passant par « Hel lis made of it » ou encore « I won’t forgive », on a affaire a des morceaux courts et efficaces. Comme le veut le metalcore, le style se veut brutal et mélodique avec un côté thrashy, proposant une alternance de chant clair et guttural (réalisée ici à la perfection). Les musiciens sont d’un très bon niveau et transmettent leur envie de faire les choses bien et surtout de nous faire bouger. « Dystopia » plaira aux fans de Killswitch Engage et All That Remains dans un premier temps mais également aux inconditionnels de formations telles que Trivium (à leurs débuts), Shadows Fall ou encore Parkway Drive. On attend maintenant un album complet. Dans tous les cas, A Place To Die réussit le pari de nous faire languir !

Soyons honnêtes, je ne m’attends à rien en mettant le nouvel album de Holy Mother dans la platine. Probablement, un énième album de heavy qui ressemblera à mille autres… Sauf que dès « Face this burn », premier morceau de ce nouvel opus du même nom, je me retrouve à headbanguer inconsciemment et surtout à kiffer grave la musique des Américains. On a affaire à un heavy metal puissant et direct, teinté de hard rock. Exit les fioritures et autres envolées lyriques, le chant est ici normal et masculin, et les compositions solides et efficaces. De « Legends » à « The truth » en passant par « Love is dead » ou encore « Mesmerized by hate », tout est fait pour rester captivé. Parfois, le groupe accélère la cadence, se convertissant au power metal (« The river »). Holy Mother propose également un single en puissance avec « Wake up America », véritable bombe hard fm tout droit sortie des eighties mais survitaminée par une production moderne. Enfin, l’album se termine sur « Superstar », semi-ballade au combien superbe. Au final, hormis un seul morceau en demi-teinte (le mid-tempo « Prince of the garden » ne procurant pas l’effet escompté), Holy Mother balance avec « Face the burn » un album de heavy extrêmement puissant et taillé pour la scène, et qui pourra faire la différence grâce à son impact direct et efficace.

Emmené par Jo Amore (ex-Nightmare, Now or never), D.O.G sort son premier album « In my world » chez M&O Music. LE combo pratique un heavy metal teinté de rock. Prenant ses influences des seventies et eighties, les Français tentent de mélanger le heavy traditionnel tiré de la NWOBHM avec des rythmiques plus modernes et puissantes. Malheureusement, malgré plusieurs écoutes, D.O.G ne parvient pas à me transporter et il me faudra attendre le quatrième titre « Messenger of the dark », plus intéressant rythmiquement, pour commencer à apprécier la musique proposée. On ne peut pas faire sans penser à Iron Maiden dans les structures des morceaux de cet album. Des compos telles que « Icarus dream » ou encore le final de près de huit minutes « In my world » en sont les meilleures preuves. Attention, le niveau technique est clairement au rendez-vous et la réalisation est impeccable. Peut-être est-ce dû au chant trop en avant qui provoque une certaine lassitude ou à une production qu’on aurait aimée plus « moderne », mais impossible de plonger dans ce « In my world », album bien fait, mais qui se révèle au final sans grand intérêt, si ce n’est l’envie des musiciens de proposer une musique qui leur plait.

Quand on place un album dans son lecteur sans idée aucune et que l’on appuie sur play près de six fois de suite pour être certain de se reprendre une grosse claque à chaque écoute, on ne peut par la suite que parler de chef-d’œuvre. Car oui, Elephant Talk m’a probablement mis l’une des plus grosses claques de cette année 2021. Pratiquant un stoner rock groovy et bluesy (qui n’est absolument pas mon style de prédilection), le duo que forme Gaby Vegh (chant-basse) et Sébastien Necca (batterie) parvient à pondre des morceaux puissants, aux refrains fédérateurs et aux rythmiques incisives et diverses. On pense principalement à Royal Blood et surtout Queens of the Stone Age à l’écoute de cet album éponyme. « Save yourself » ou le très explosif « I’m a hound dog » le prouvent directement. Un certain groove ainsi qu’un trémolo typique tout droit sorti de Rage Against the Machine comme sur « Pachydermik » ou « Crocodile » vient diversifier le style proposé. Enfin, on repart parfois dans les années septante, tant l’influence de Led Zeppelin est présente, comme par exemple, sur « Leave me alone » ou encore « Carnivor ». Le chant renvoie vers le Ozzy de la grande époque. L’album se clôture avec deux monstres que sont « The Hunting », limite fusion avec son chant rappé et avec monsieur Ron Thal (Guns n’Roses, Sons of Apollo) en guest, et « Time to go », sorte de ballade stoner rock sombre. Sublimé par une superproduction aux petits oignons et onze compositions indispensables, Elephant Talk réussit un album parfait, démontrant que le style n’est pas uniquement réservé aux néophytes, mais peut s’apprécier par tout un chacun. À découvrir de toute urgence !

Breakhead est de retour sur le devant de la scène avec « Allegiance to Materiality » qui fait suite au très acclamé « Neurasthenia » sorti quatre ans auparavant. Tout d’abord, ce nouvel opus choque par sa production en béton armé digne des plus grosses formations mondiales, donnant envie de tout exploser sur son passage. Et les compos dans tout ça ? Et bien, c’est très bien foutu. Une fois passée l’intro que tout groupe actuel se sent obligé de placer, « Downloading », un metalcore puissant (on parle ici du vrai metalcore à la Heaven Shall Burn) emmené par des rythmiques lourdes et moshy ainsi qu’une double pédale à bien nous exploser les tympans sur « Passengers ». On embraye avec « Tales of a brain-dead », mélange de thrash et deathcore, et l’épique « The path to Oblivion », durant lequel le mélange metalcore et les influences d'In Flames fait son effet. Le death est également une grosse influence de Breakhead et les morceaux « Reborn », véritable bombe death metalcore à la At The Gates et The Black Dahlia Murder. Le deathcore à la Whitechapel et Thy Art is Murder est également ultra présent avec les breaks et moshes typique que les Français balancent dans presque chacun de leurs morceaux.  On se retrouve au final avec un album diversifié musicalement, mais qui peine par instants à décoller ou à nous tenir en haleine, la faute à certaines compositions bouche-trou et un chant trop monotone bien que ultra bien exécuté (référence à Thy Art is Murder). « Allegiance to Materiality » reste néanmoins un bon album qui ravira à n’en pas douter les fans des groupes précités, ce qui est déjà pas mal.

Découvert pour ma part par hasard en deux mille quinze lors d’une tournée chez nos amis teutons, j’avais alors été marqué par la puissance dégagée par Saprobiontic. Cinq ans plus tard et un gros package d’expérience en bonus, voilà enfin que le combo de Dresden nous balance un premier album intitulé « Apocalyptic retribvtion ». Produit au Soundlodge Studio (antre de Desw Scented, God Dethroned ou encore Sinister), ce nouvel album se révèle être redoutable d’efficacité. On ne se trompe pas ici sur la marchandise, le groupe balançant un death metal très agressif mélangeant groove et blasbeat. Les qualités techniques et le sens aigu des compositeurs ramènent tout droit vers un Cannibal Corpse. C’est violent, mais contrôlé et surtout assez old school. Les cassures rythmiques ainsi qu’un chant ultra profond nous renvoient tout droit vers Vomitory. Car ce sont bien les deux influences majeures de Saprobiontic, sans toutefois les imiter, mais en prenant le meilleur de chacun pour balancer des morceaux compacts et efficaces. De « Biological invaders » à « Dead certainty » en passant par « Nemesis of the world » ou encore « Steps of retribution », les Allemands envoient un death metal parfaitement exécuté et sans faiblesse. Mention spéciale au morceau « Eschaton » et son mid-tempo « Kataklysmien » à nous arracher les cervicales. La section rythmique de cet opus est assurée par mister Michiel van der Plicht (Pestilence), gage de qualité supplémentaire. Sublimé par un visuel remarquable signé Luisma (reconnu pour ses collaborations avec Avulsed et Haemorrhage notamment), «Apocalyptic Retribvtion » place Saprobiontic au centre de l’échiquier de la scène extrême allemande et l’on ne peut que souligner le meilleur pour le combo de Dresden tant ce nouvel opus regorge d’arguments convaincants. Well done !

Le combo d’Atlanta est attendu au tournant avec ce nouvel album intitulé « The revenge of rock », tant les retours perçus par son prédécesseur « Imaginary Creatures » étaient excellents. Alors, pourquoi changer une équipe qui gagne ? C’est une nouvelle fois avec le producteur Andy Reilly (Bruce Dickinson, Ufo, Cradle of Filth, …) que le groupe s’est enfermé au Muse Productions. Il en résulte « The revenge of rock », probablement l’album le plus diversifié de la carrière des Américains. Ce nouvel opus est un condensé de ce qui se faisait et se fait le mieux sur la scène rock et hard-rock. Qu’on l’aime puissant, lourd et mélodique (« Freak show », « Strange »), entrainant avec de gros backings façon Mötley Crüe (« War »), fédérateur et en mode hard fm (« Looking for me », « Somebody new » - véritable hit que Bon Jovi aurait pu pondre) ou bien percutant et nous donner envie de faire la fête (« Rat race », « The revenge of rock »), … tout se retrouve dans ce nouvel album de Kickin Valentina. On poussera même jusqu’à l’obligatoire ballade mélodique et mélancolique que tout bon groupe des « eighties » doit livrer avec le plutôt réussi « Heart tattoo ». Sans réelle identité, Kickin Valentina réussit le pari de nous faire voyager à travers les époques du rock, ne nous laissant à aucun moment l’envie d’écouter autre chose, et surtout nous donne l’envie de passer un bon moment musical. « The revenge of rock » est à recommander aux fans de Guns N’ Roses, AC/DC, Mötley Crüe, Bon Jovi mais également aux fans du Bruce Springsteen de la première époque.