15.11.19 14:09

The Great Old Ones

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La littérature et le Black Metal font l’essence des français de The Great Old Ones, Ces derniers s'inspirent pour leurs compositions des écrits de l’auteur H.P Lovecraft. Benjamin Guerry, le fondateur du groupe nous livre plus de détails sur leur nouvel album “Cosmicism” sorti le 25 Octobre.

Pour commencer, je te laisse brièvement présenter ton groupe : Nous sommes The Great Old Ones, moi je suis Benjamin Guerry (guitariste et chanteur). Le groupe s’est vraiment formé en 2011. Deux ans plus tôt, j'avais commencé à composer seul. Depuis lors, nous avons sorti trois albums et le quatrième ''Cosmicism'‘. On fait un style proche du Black Metal, et souvent on nous catégorise comme du Post Black Metal même si moi, je trouve qu'on en sort un peu car c'est un terme très vaste. Notre univers est basé sur celui de l'écrivain américain H.P Lovecraft qui a rédigé des récits fantastiques et d'horreur.

Peux-tu m'en dire plus sur Lovecraft ? Comment es-tu tombé dans sa littérature et pourquoi as-tu voulu composer sur ce sujet J’ai découvert Lovecraft au travers les jeux rôles alors que j'avais 13/14 ans. J'ai beaucoup apprécié son univers et j'ai ensuite lu toutes ses œuvres. Depuis, cela ne m'a jamais quitté et c'est vraiment devenu une passion littéraire. Quand on a monté le groupe, quand j'ai composé les morceaux, cela me faisait penser à l'atmosphère que je ressens lorsque je lis du Lovercraft. Du coup, c'est devenu le sujet principal.

Est-ce une manière différente de composer quand on s'inspire d'une œuvre littéraire ou de quelque chose qui entre dans la thématique de l'art ? Cela dépend des moments. Si on prend le deuxième et le troisième album, c'était des concepts sur des nouvelles précises et ça suivait l'ordre chronologique de ces nouvelles. Donc, dans la composition, il fallait suivre les émotions et rebondissements de l'histoire. Par la force des choses, cela a donc influencé l'écriture des morceaux. Pour cet album, chaque morceau parle d'une entité ''Lovecraftienne'' différente ... Donc ce sont des histoires différentes et cela avait aussi un impact car il fallait suivre la nature de l'entité au travers de la musique. Par contre, il n'y avait plus ce souci d'ordre des chansons, mais bon moi, je ne prenais pas ça comme un souci mais plutôt comme une obligation, puisqu'il fallait respecter les moments de l'histoire.

Peux-tu m'en dire plus sur votre nouvel album ? Tu as déjà répondu en partie à ma seconde question qui était : ''Est-ce que c'est album évoque une œuvre particulière ?'' C’est un album qui s’appelle “Cosmicism”, où chaque morceau est basé sur une entité ''Lovecraftienne ''. A chaque fois, il s'agit d'un protagoniste qui fait sa rencontre, d'une manière différente, avec une entité. Donc, ce n'est pas basé sur une histoire entière et donc tout est indépendant. Les références peuvent être inspirées de différentes Nouvelles dont l'entité est actrice à ce moment-là. C'est vraiment des morceaux sur les entités avec en général un fil conducteur. Mais cela peut être assez vaste selon les entités.

Cela devait être un processus d’écriture très inspirant d'écrire sur des entités différentes ? Oui, c’était totalement inspirant et c’était plus ou moins facile, car certaines des entités sont exprimées et décrites par Lovecraft dans les nouvelles de manière plus ou moins précise. Par contre, pour d'autres, il y avait très peu d'informations, elles sont à peines citées et très brièvement. C'est là que ça devenait plus compliqué. Il a donc fallu parfois extrapoler. Par exemple avec ''Lost Carcosa'', c'est sur Hastur et il y a très peu d'informations sur lui dans les écrits de Lovecraft. Je me suis donc inspiré en partie du ''Roi en Jaune'' de Robert W. Chamber qui est un auteur qui a beaucoup inspiré Lovercraft. J'ai donc été chercher ailleurs que chez Lovecraft. Ce n'est pas de l'infidélité car ils sont très proches. Il y en a un qui a vraiment inspiré l'autre. Il a parfois fallu aller chercher ailleurs pour arriver à mettre en valeur l'entité et l'histoire.

N'as-tu pas peur un jour d’être bloqué soit par manque d’inspiration, soit par l’envie d’évoquer d'autres œuvres que celles de LovecraftJe ne pense pas pouvoir être bloqué, car il y a vraiment beaucoup de chose à faire et il y a tellement d’œuvres différentes... J’ai déjà des idées pour le prochain album, celui qu’on a même pas encore commencé à composer, donc je confirme qu'il y a encore beaucoup de choses à faire. Et si un jour je suis bloqué, il faudra peut-être effectivement passer à autre chose et ce sera alors peut- être sur des histoires qui ont inspiré Lovecraft ou d'autres que lui-même inspire. On verra à ce moment-là.

Vous avez produit cet album avec Francis Caste, comment s’est passé cette collaboration ? Il a su répondre à vos attentes ? Oui, complètement. On est très content de ce qu'on avait fait jusqu'à maintenant avec les autres producteurs mais pour ''Cosmicism'', qui est un album très épique, j'avais besoin de retrouver une certaine puissance liée à un son un peu ''crade'', mais dans le bon sens du terme, un son avec de la texture, … Dans ce qu'il avait fait précédemment, j'ai trouvé cette ambiance, c'était donc pour moi le meilleur choix à faire et je ne le regrette absolument pas.  Au niveau ''humain'', j'ai passé un moment très agréable et on a eu le temps de se côtoyer. C'était vraiment une très belle rencontre. Au niveau enregistrement, que ce soit les autres membres du groupe ou moi-même, c'était également un super moment. Il était très à l'écoute et avait une grande motivation, c'était agréable. Quand on réussissait certaines choses, un passage qui sonnait comme on le voulait, il avait le même sourire que nous. 

Et justement je trouve que l’album sonne plus sombre tout en gardant ce côté atmosphérique :  On m’a beaucoup posé cette question et pour moi à l’origine cet album était beaucoup plus épique que les autres. Mais effectivement, on m'a beaucoup dit qu'il était sombre, triste et très mélancolique. Avec le recul, je m'en suis rendu compte : que ce soit au niveau des sujets, de la production ou de la composition, cet album, sous ses airs un peu épiques, est mélancolique et désespéré mais cela correspond bien à cette idée du Cosmicisme. Le Cosmicisme étant le principe que l'Homme ne se rend compte de rien par rapport à tout ce qu’il se passe dans le Cosmos, il n'en a absolument pas conscience. Cela correspond tout à fait aux différents protagonistes des morceaux, qui généralement ne rencontrent pas une fin heureuse. Donc oui, il y a ce côté plus sombre. Maintenant ''EOD : A Tale Of Dark Legacy'' était déjà plus sombre que violent, mais il était peut-être moins atmosphérique et plus direct. Pour ''Cosmicism'', la fin est tout aussi sombre mais un peu moins directe avec plus d'atmosphère. C'est peut-être le bon compromis entre ''Tekeli-Li'' et ''EOD : A tale of Dark Legacy''.

Au niveau du line up, il y a Jeff Grimal qui est parti du groupe l’an dernier tu peux m’en dire plus à ce sujet ?  Il nous a expliqué sa décision et ce qu'il voulait faire quand on était en tournée. Il ne la vivait pas très bien et voulait se concentrer sur ses projets artistiques, sur ses groupes et ses projets de peinture. Donc, entre la tournée où il n'était pas bien, pas très à l'aise et ça, il a préféré arrêter. La décision lui revenait, on n'en a pas beaucoup discuté. Je lui ai dit que c'était à lui de décider et il m'a dit qu'il préférait arrêter. Ça fait partie des changements car un groupe qui monte ça prend du temps et ça demande l'investissement. Donc, je comprends tout à fait. Cela ne nous a pas empêché de bosser sur ce nouvel album, tous ensemble, sur les artworks. On verra pour les futurs. Pour cet album, c'était une réelle volonté dans les deux sens de bosser ensemble et je suis très content du résultat. Il a encore montré un grand talent.

Que penses-tu de la scène Black Metal en France ? Ça fait déjà quelque temps que le reste du monde a un regard sur la scène française. Les groupes français ne sont plus considérés que comme des groupes purement français. Ils sont considérés comme n'importe quel groupe qui viendrait de n'importe quel endroit. J'ai un peu de mal à imaginer que les gens ne se renseignent pas sur l'origine d'un groupe car je suis le premier à le faire.  Aujourd’hui, on a pris une place dans le paysage musical, mais elle n'est pas forcément aidée par la culture française qui ne pousse pas vraiment au metal. Cela serait différent si on était norvégiens, polonais, voir même américain mais c'est en train de changer. Il y a de plus en plus d'acteurs dans le milieu et il y a énormément de gens qui se bougent pour se développer en France et à l'étranger. Cela va donc dans le bon sens, et j'espère qu'on fera partie de ceux qui compterons dans le futur.

Quels sont les projets à venir pour The Great Old ones ? Une tournée est à prévoir ? Oui, il y a tournée française à prévoir qui s’organise pour Novembre. C’est une tournée où on sera en tête d’affiche et on va jouer l’album entièrement comme on le fait depuis “EOD : A Tale of Dark Legacy” et bien sûr il aura d’autres morceaux. On est également en train de travailler sur d'autres projets : il y a un clip qui va arriver et pleins de choses géniales … On essaye vraiment que cet album soit marquant dans notre discographie. Je pense qu'on va essayer de grandes choses et qu'on va surtout proposer un vrai spectacle aux gens. Le groupe et moi avons vraiment envie que les gens ressortent du concert avec des étoiles plein les yeux.

Donc vous allez vraiment travailler sur la mise en scène de vos prochains concerts ? On a toujours travaillé l’aspect visuel que ce soit pour les lumières, les tenues de scène et autres pour que cela ne soit pas qu'un concert mais que ce soit surtout un genre d'expérience. On veut vraiment que les gens ressortent après une heure, une heure et demi, en ayant voyagé. On veut jouer notre musique et qu'ils sortent de leur quotidien.

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  • Crédit photo: Joel Queyrel
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