03.12.19 04:09

Betraying The Martyrs

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Betraying The Martyrs s’impose depuis dix ans sur les devants de la scène Metalcore français et bien au-delà à l’international. Le groupe nous dévoile le 13 septembre sont quatrième album “Rapture”, Victor Guillet, claviériste et chant, nous en révèle plus à son sujet.

Comment s’est déroulée la phase de promotion pour votre album “The Resilient” ? On a toujours voulu mettre le même niveau de promotion pour chacun de nos albums et je pense que c’est de mieux en mieux, pour The Resilient” on a eu beaucoup plus de promotion en France comparé aux autres albums. Quand on a fini notre premier album “Breathe in Life” sur un label américain en 2011, tout de suite on a été très excité d’aller aux États-Unis et de jouer dans le monde entier. Et c’est vrai qu’on nous a reproché de ne pas accorder autant d’importance au marché français au début de notre carrière. On était beaucoup demandé à l’étranger et on y répondait sans forcément prendre le temps de chouchouter notre premier public qui sont les Français. Je pense que c’est à partir de “The Resilient” qu’on a remis un point d’honneur à travailler avec le marché français tout autant que le reste, notamment grâce à notre collaboration avec Charles Provost chez Him Media. Il nous a organisé de grosses journées d’interviews au Hellfest où nous avons rencontré toute la presse. On avait fait une journée dans les bureaux de Warner où on a reçu des interviews pour tous les magazines. On a pris plus de temps à partir de “The Resilient” pour faire de la promotion en France.

Est-ce que le résultat de cette promotion s’est senti ? Le résultat c’est totalement senti! “The Resilient” a beaucoup marché en France, on a pu faire une belle tournée avec Dagoba. Je pense qu’à nous deux on faisait une bonne affiche, on était content de la proposer au public français qui nous l'a bien rendu parce que les dates se sont bien remplies et on a fait plusieurs sold out notamment à Nîmes. On peut dire que le pari était réussi: on a redoré notre blason ici en France et cela me fait vraiment plaisir de faire des interviews avec les médias.

Avec Gojira, vous êtes le deuxième plus américain des groupes français, comment vous êtes perçus dans la scène française à cause de ça ? Au début de notre carrière, il avait une confusion, on faisait des concerts en France et des personnes venaient nous parler anglais parce qu’ils pensaient qu’on était étranger. Notre chanteur est Anglais, mais il vit en France avec nous notre depuis le premier album, il s’est complètement installé ici, il s'exprime en français couramment, il est bien intégré dans le pays. On recevait beaucoup de messages de Français qui nous abordaient en anglais. C’est vrai maintenant je me rappelle qu’il y avait une grosse confusion au début et que beaucoup de notre public français pensaient qu’on était américain à cause de notre signature avec un label américain et notre chanteur anglais. Je ne m’en plains pas, car c’est quelque chose qui nous a permis de nous internationaliser, mais il y a eu ce petit revers de médaille en France où les gens se sentaient moins en proximité avec nous.

Vous avez un nouvel album “Rapture”, tu peux m’en dire plus à son sujet, comment peux-tu le présenter pour quelqu’un qui ne connait pas le groupe ou la scène Metalcore ? On est ancré dans le style Metalcore qui est un genre de Metal où on essaye d’alterner les parties plus Metal voir Death Metal et on échange ça avec des refrains plus ouverts, avec du chant clair. C’est la formule de base du Metalcore et c’est pour ça qu’il y a deux chanteurs. Le principal Aaron qui est donc d’origine anglaise qui va assurer le chant saturé et moi (Victor) je suis claviériste et chanteur, j’interviens avec un chant plus clair sur les refrains. C’est comme si tu prenais du Linkin Park et que tu enlevais le Rap et que tu mettais du gros Metal à la place en gardant les refrains de Chester. On est très content de cet album, avant avec nos premiers, on essayait d’en mettre beaucoup dans chaque chanson c’est-à-dire qu’il avait beaucoup de riffs, beaucoup d’éléments et d’informations. On avait tout à prouver, car on était jeune et on voulait montrer tout ce que l’on savait faire. On pouvait retrouver du blast, des éléments très lourds et rapides, du piano, du refrain… Il y avait de tout dans chaque morceau. Alors qu’aujourd’hui on va essayer de faire des chansons qui sont plus efficaces, qui ont une identité et une âme. Je pense qu’il faut que cela raconte quelque chose et qu’il y ait une ambiance différente. Parce que dans le groupe on a des influences très variées et c’est important qu’on reflète tout ça, mais au lieu de faire ressortir toutes ces influences dans un seul titre, on va les répartir pour que cela soit digeste avec un sens du début à la fin.

La pochette est assez surprenante, c’est juste par choix esthétique ou elle a un lien avec l’album ? La pochette raconte toujours quelque chose bien évidemment. Le message est autour de cette fleur très blanche et pure qui nous représente, car depuis le début de Betraying The Martyrs on a mis un point d’honneur à se revendiquer comme un groupe qui fait passer un message positif. On a toujours voulu s’écarter du discours classique du Metal dans lequel il y a beaucoup de violence, de mort… D’ailleurs on nous a souvent catégorisé de White Metal et je pense qu’aujourd’hui avec “Rapture” on a appris a assumer notre dark side et à l’utiliser pour en faire une force. Cette fleur blanche qui commence à être gangrenée et parasitée vers le bas, fait à notre titre “Parasite”: c’est nous qui acceptons notre dark side.

Votre son a beaucoup évolué et vous démarquez de la scène Metalcore qui est trop stéréotypée où il y a trop de groupes qui commencent à se ressembler et vous commencez à avoir votre propre identité. C’est quelque chose qu’on travaille album après album: si une personne entend une chanson, qu'elle puisse tout de suite se dire que c’est du Betraying The Martyrs et qu’elle ne puisse pas se tromper sur un autre groupe. On n’a pas envie de sonner comme les autres et on a veut avoir notre propre son. Pour donner un exemple, je pense que c’est quelque chose qui est propre à Gojira et ça fait quelques albums qu’on ne peut pas se tromper: quand tu écoutes une chanson tu es sûr que c’est du Gojira et j’espère que petit à petit on arrivera aussi à ce résultat-là.

Est-ce que tu n’as pas peur d’avoir des groupes qui vont copier votre son et donc de devenir une sorte de leader ? Si on peut influencer une scène derrière nous tant mieux. Nous, quand on a commencé à faire du Metalcore en France personne n’en faisait et on était un peu les seuls au début, maintenant il y a de plus en plus de groupes qui débarquent et qui ont leur propre son comme Novelist et Lavmakrs. Je suis content que derrière on ait ouvert des portes pour les groupes français et que la scène internationale ait posé un œil sur la France. Les premières tournées internationales quand on disait qu’on était Français on nous regardait étrangement, c’est comme dire qu’on est des Français dans un combat de sumo et qu’on nous demande ce qu’on fait ici, c’était un peu comme ça au début. Donc je suis heureux qu’aujourd’hui il y ait de plus en plus de groupes qui fleurissent et qui partent sur les routes du monde.

Est-ce qu’en ayant ouvert ces portes ça vous a permis d’avoir des opportunités pour le nouvel album ? Bien sûr, car en chemin on rencontre des gens. L’album “Rapture” a été enregistré chez Tomáš Raclavský qui joue dans un groupe tchèque Modern Day Babylon. On a tourné avec lui en Europe et il nous a dit : “les gars, j’ai un studio ça me ferrait hyper plaisir que vous y veniez”. C’est ce qu’on a fait, on est parti en République-Tchèque enregistrer là-bas, on ne regrette pas du tout surtout que le studio était impressionnant. Il y avait une pièce batterie qui était à couper le souffle, je suis vraiment très content du son de batterie qu’on a pu avoir sur “Rapture”.

Pour finir, je te laisse le mot de la fin ? J’espère que “Rapture” vous plaira, c’est un album au final qui reste du Betraying The Martyrs, mais avec quelques surprises et prises de risque. J’espère que ça plaira à tout le monde et puis on se voit sur les routes de France et de Belgique dès la rentrée.

Lu 887 fois Dernière modification le 03.12.19 07:34
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