Chroniques

Chroniques (615)

Quelque part à Phoenix, en Arizona, Daniel Stollings poursuit ses travaux en solitaire et nous sort un très bon 3ème E.P. en 6 années de services sur la scène du Black atmosphérique. En maître de son art, il nous distille des titres bien aériens aux mélodies soignées et prégnantes. Le riffing de guitare est poli et semble démontrer une bonne capacité à créer des espaces facilement appréciables. Point de mélancolie pathogène ne suinte dudit riffing car Dani parvient à transcender sa propre matéria prima. Il entre dans le monde du Beau, du Pur, de l’Oxygénant. Le titre éponyme est une véritable pépite qui subjugue l’auditeur d’emblée tout en ayant l’aptitude d’atteindre le niveau vibratoire d’un hymne national. Sur « Unholy Conjuration », l’auditeur virevolte dans ce jeu dynamique qui me fait penser aux géniaux Amongst The Moonlight. Assurément, Daniel monte en puissance par cette expérience qui se forge dans ce qu’il délivre. Sa persévérance mérite amplement d’être récompensée à sa juste mesure. Installez-vous dans votre fauteuil préféré, écoutez en fermant les yeux et plongez dans les ténèbres sublimées magistralement. Le voile éthéré se lèvera alors sur l’horizon de l’Arizona.

04.09.21 22:01

REVIVAL OF THE ERA - "Lilith"

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Une fois n’est pas coutume, passons à la partie musicale asiatique si peu médiatisée dans notre presse Rock/Metal. A l’image de beaucoup de groupes japonais, les sorties ne se font pas systématiquement par albums mais principalement par maxi-single ou EP. C’est justement afin de garantir une sortie régulière pour son public que Revival of the Era nous gratifie d’un troisième EP de trois titres. Commençant par le morceau éponyme « Lilith », nos amis nippons tapent fort avec une voix n’ayant rien à envier aux groupes européens ou américains. Une mélodie aux petits oignons aromatisée de violons et de synthétiseurs ne sont pas pour nous déplaire. Revival Of The Era n’en reste pas là car en plus de la voix très core de leur chanteur Noname, celle du guitariste Kazumi en rajoute une couche, plus claire, qui arrondit les angles et calme le jeu. 

Vient ensuite « Crew », track proche d’un slow, qui vous donne envie d’enlacer la première-venue et de danser avec elle. Pour clôturer cet Ep, retour à la vitesse, les grosses percussions et les circles pit avec « Five Determinations » qui vous renvoie vers un cliché que je me vois obligé de citer : on dirait presque un générique d’animation de baston. Si vous désirez changer un peu de notre scène occidentale, je vous recommande Revival Of The Era et leur nouvel ep « Lilith » qui devrait plaire à plus d’un.

Dans un genre ne se renouvelant que très peu ces dernières années, les Australiens de Resist The Thought nous sortent un album qui ne manque pas de punch. Annonçant leur split en 2013 avant une reformation quatre ans plus tard mais avec un nouveau vocaliste, les Australiens utilisent des rythmes rappelant quelque peu ceux de Parkway Drive à sa grande époque ou encore Devildriver tant le chant de Rhys Giles nous fait penser par intermittence à un certain Dez Fafara. Les breakdowns y sont efficaces et le jeu de batterie parfaitement exécuté par Zak Borg (A Night in Texas, ex-Absolution) donne une pêche d’enfer à cet album, rendant attractif le groupe aux yeux des adeptes du genre. Mêlant chant clair et growl, les tracks, malgré leur côté répétitif, ne lassent en rien l’auditeur. L'album bénéficie quand même d'un point négatif : celui d'être court. Ne devant se contenter que de 7 titres, il laisse un goût de trop peu ou d'inachevé. « Renaissance » reste toutefois un album d’excellente facture. En espérant que celui-ci aboutisse bien vite à une tournée mondiale afin de constater si Resist The Thought est aussi bon sur scène qu'en studio. 

Groupe parodique désormais très en vogue, la popularité de Nanowar of Steel s’est retrouvée catapultée avec leur précédent album, « Stairway to Valhalla » et plus particulièrement avec sa ressortie via Napalm. Les quelques singles « bonus », rajoutés entre la sortie initiale et cette réédition (« Valhallelujah », « Norwegian Reggaeton » ou le clip pour « Uranus ») n’y étant certainement pas étrangers non plus. Bref, on part sur une bestiole à la fois plus internationale que nos Ultra Vomit préférés, et plus moderne que les géniaux Tenacious D. Tout cela rend assez curieux ce choix de sortir un album dédié à la chanson italienne traditionnelle. Toujours de façon parodique bien sûr, mais tout de même : le risque de perdre son public, pas franchement informé sur le folklore du pays, paraissait réel. Malgré leur carrière plus que respectable, on ne peut pas franchement dire que J.B.O. s’exporte des masses hors pays germanophones !

Comment diable envisager une critique d’un tel album alors ? Et bien tout est dans son titre : en l’étudiant comme un album de folk ! Le genre étant coutumier de l’emploi de la langue maternelle pour toutes les parties chantées, cela rend subitement plus logique et appréciable de considérer les onze titres sous ce prisme plutôt que celui de l’unique déconnade. Pas besoin de parler finnois ou russe pour apprécier Korpiklaani ou Arkona, et même chose ici… Bien que cela atténue forcément la plupart des vannes (après, faut-il réellement de grosses connaissances en italien pour traduire « La Maledizione di Capitan Findus » ?). Ce qu’il faudra retenir, c’est que musicalement, ça envoie plutôt pas mal : c’est entraînant, c’est puissant, c’est fait avec le cœur. Nul doute que vous reprendrez plusieurs refrains en mode yaourt, juste parce que cette bande de rigolos y met énormément d’énergie. Puis bon, en Belgique francophone, y’aura sûrement un ou deux airs que vous reconnaitrez, si toutefois vous avez eu l’occasion de passer quelques soirées avec des italiens…

En bref, « Italian Folk Metal » est, en substance, difficile à recommander à quiconque ne parle pas bien la langue et/ou ne connaît pas bien le folklore du pays en forme de botte. Même pour un amoureux de folk, le résultat est si éloigné d’un projet comme Tengger Cavalry ou Ensiferum qu’il est difficile de vous encourager à y tendre une oreille : cela reste de la parodie, et donc une revisite presque totale des classiques. Reste alors, pour les fans les plus assidus, un album fonctionnel, respirant la bonne humeur.

Près de cinq ans et demi après sa mort, il est toujours aussi difficile d’accepter que Lemmy n’est plus des nôtres. Tout comme il est difficile de reconnaître que leur discographie prolifique s’est arrêtée presque aussi brutalement. Du coup, la moindre occasion pour rouvrir les poussiéreuses pages du livre Motörhead est une opportunité à saisir. Pour se souvenir. Pour redécouvrir. Pour réécrire la légende. Et cette ressortie de leur premier et fameux album live, pleine à craquer de bonus, est assurément une occasion de plus de rouvrir la porte des mémoires de la grande histoire du rock.

Commençons illico par le chipotage avant de laisser place aux éloges : avec quatre CDs pour presque autant de concerts, on a vraiment BEAUCOUP de contenu. Septante-et-un titres très précisément. De quoi en faire une petite surdose ! De plus, et c’est plutôt logique, plusieurs titres sont présents en double, triple voire quadruple exemplaires… Avec trois concerts, plus le soundcheck (oui oui !), plus l’album original remasterisé, on pouvait s’attendre à plusieurs versions du même titre. Autre curiosité : les concerts présents sont dans le désordre. En effet, le CD2 reprend le concert du 30 mars 1981 alors que le CD4 nous gratifie du concert du 28 mars de la même année… Très peu gênant en soit, puisqu’on se tape un groupe en forme olympique qui garde beaucoup d’énergie même après plusieurs jours de représentations consécutives, cela pose néanmoins question. Mais nos critiques s’arrêteront là.

Car au-delà de ça, on saluera précisément la qualité des enregistrements : très propres malgré leur âge, et permettant de profiter pleinement du groupe alors qu’ils venaient de sortir leur mythique Ace Of Spades. Chanceux sont ceux ayant eu l’occasion de les voir à ces moments de leur existence (j’étais alors bien loin d’être né !), alors que leurs excès autant que les affres du temps n’étaient encore que très très loin devant eux. Plusieurs fans font état de concerts très rudes, presque larmoyants, en fin de vie de Lemmy… Il est alors bon de se rappeler de l’énergie folle que ces gars-là déployaient pendant les décennies qui ont précédé. Outre l’ajout de trois titres en soundcheck, les 4 CDs proposent surtout une moitié inédite du concert de Leeds ET du concert de Newcastle du 29 mars ! Le concert du 30 mars 1981 ne comporte lui « que » sept titres jamais sortis… Ce qui correspond tout de même à près de 28 titres jamais sortis auparavant. Juste l’équivalent de deux albums en somme ! Comme précédemment énoncé, tout le contenu présent est pré-Iron Fist… Ce qui explique l’absence de nombreux classiques (et la répétition de plusieurs morceaux, certes mythiques, mais un peu redondants). Néanmoins, au milieu des « We Are The Road Crew », « Motörhead » et « Overkill », on est gratifié de chansons moins connues comme « Stay Clean », « Capricorn », « Fire Fire » ou « Jailbait ». Les premières années d’un groupe sont toujours magiques pour cette raison simple : les concerts écument réellement les fonds de tiroir pour tenir le public en haleine et éviter l’ennui. Exit donc l’espèce de best-of des singles millénaires que l’on reçoit à la tronche, presque par automatisme, en fin de carrière : ici, même les fans les plus assidus redécouvriront sûrement une chanson ou l’autre. Et ça c’est toujours plaisant pour sa playlist. Difficile de pousser plus loin cette chronique déjà trop longue : si ce quadruple album manque un peu de variété, de versatilité…Il le compense par une générosité et un confort d’écoute hors-pair.

Assurément, tout le monde à une expérience différente et des anecdotes variées sur le groupe. Découvrir le groupe avec « Ace of Spades » n’a rien de bien surprenant, tant le titre est omniprésent dans la culture populaire. Poursuivre sa découverte par le jeu atypique de Lemmy, en tant que bassiste, est déjà un tant soit peu plus respectable. C’est lui qui m’aura donné le goût pour les bassistes sortant du lot… et malgré tout, je parviens encore à me tromper sur la position du umlaut présent dans le nom du groupe. Motörhead fait partie de ces groupes à histoires, de ceux dont on a tous entendu au moins l’une ou l’autre chanson et qu’on peut ne pas aimer, tout en continuant à grandement les respecter. Cet album est, en essence, un énième produit posthume surfant sur l’héritage d’un groupe intemporel. Mais surtout, il appelle au souvenir et atteste d’une période déjà bien trop lointaine. Indispensable ? Peut-être pas. Bigrement généreux ? Totalement !

« We Are Motörhead… And we play rock’n’roll »

Du logo à la pochette, du son aux growls, des riffs tranchants à la batterie puissante, tout chez Macabre Decay est death metal old school, tendance suédoise. Ça joue vite et bien ("Into Oblivion", bien agressif ou "Utterly Helpless"), sans négliger ni les ambiances malsaines, ni un certain groove, ni une aspiration mélodique ("Icon", "Altered Flesh"). Le chanteur, Henka Andersson (Centinex), s’offre parfois des cris bestiaux du plus bel effet. 

Les dix titres, excepté une dispensable interlude acoustique à mi-chemin, se savourent en songeant au début des années 90, en se remémorant cette période bénie pour le Death Metal. Les fantômes de Grave, Dismember ou Entombed planent sur "Into Oblivion" qui trouve son apogée sur un "Wall Of Bones" menaçant aux visages changeants. 100 % old school !

04.09.21 11:28

INCINERATE - "Back To Reality"

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Côtoyant la scène depuis déjà treize ans, les Anversois nous gâtent avec la sortie d’un deuxième album plein de riffs rageux. Les métalleux d’un certain âge, voire d’un âge certain, pourront se réjouir car ils auront enfin une production en adéquation avec le dicton « Le metal, c’était mieux avant ». En effet, Incinerate se base sur les riffs, l’ambiance et le headbanging du thrash des années nonantes. Que ceux qui redoutaient qu’Incinerate change de style par rapport à leur premier opus « Amazon violence » sorti en 2016 se rassurent, ils restent dans la même veine mais en plus musclé. Les morceaux tels que « Human demise ritual », « Reprisal » et « Room 101 » vous donnent le ton et une furieuse envie de reprendre les hostilités en commençant par un bon vieux circle pit. La Belgique nous réserve parfois de belles surprises musicales et celle-ci en est une. Le morceau live « Erased earth » en guise de bonus vous permettra d’avoir une idée de ce que le groupe peut envoyer en concert. Un album qui sent bon la veste à patches, la bière et la scène old school. Et ça c’est bon !

À peu près deux ans après Valediction (chroniqué par votre serviteur, dieu que le temps passe vite !), l’âme tourmentée derrière le projet GosT nous revient avec un album à l’atmosphère aussi lugubre que l’album précédent était sensuel. Ce dernier à la pochette plutôt intrigante, inquiétante et esthétique à la fois, et aux titres aux relents gothiques et torturés, toujours avec un soupçon de romantisme. C’est que James Lollar, maître-architecte du projet, lorgne du côté de Priest, VR Sex ou Mr.Kitty plutôt que chez les Perturbator ou Carpenter Brut, figures de référence de la synth et d’autant plus par chez nous (rappelons, s’il le fallait encore, qu’ils sont franco-français !). Cette comparaison s’inscrit autant dans les thématiques que les sonorités, bien que leurs univers se frôlent sans jamais réellement fusionner. Et ce n’est pas plus mal.

Car même si GosT trouve sans doute moins les faveurs des metalleux (Perturbator et Carpenter Brut étant désormais habitués des festoches) ou des geeks (leur musique était présente dans les deux Hotline Miami), il touche un public peut-être plus vaste, plus ouvert aussi. Outre nos deux lascars, il a aussi tourné avec 3TEETH et, plus surprenant, Mayhem ou Power Trip. La synthwave a rapidement su s’extirper et s’éclater en dizaines de fragments parfois très différents. Si l’on avait tendance à regrouper tous les noms cités sous le terme générique de « darksynth », c’est sans doute lié à la fois à leurs sonorités généralement plus lugubres, brutales, rapides et écrasantes ainsi qu’à leurs paroles (quand il y en a) tantôt déprimées et vidées de passion, tantôt cryptiques, futuristes et langoureuses. Rien que ce terme pourrait être divisé en deux clans : d’un côté la darksynth puissante, effrénée, dansante et psychédélique et de l’autre celle plus poétique, plus balafrée, plus froide. Ironiquement, cette deuxième catégorie porte mieux les relents de gothique, surtout de « wave », suffixe présent dans le genre plus global de la « synthwave ». Si le premier genre s’acoquine parfaitement au genre cyberpunk, aux néons des dystopies Blade Runner-iennes , aux froides machines et aux night clubs douteux… Le second évolue davantage dans l’horreur, le fantastique, la nuit noire dérangée par la brume et la pluie verglacée. Les deux sont indubitablement liés et se serrent parfois la main, il est difficile de renier que tout le monde n’aimera pas ces deux écoles de la même manière.

Mais revenons-en à GosT, s’inscrivant donc plutôt dans ce deuxième carcan et prouvant une fois encore que les one-man-bands sont des cas passionnants à étudier, car toujours un peu plus intimes et forcément très personnels. On appréciera par exemple « Bound By The Horror » qui, au-delà de l’évidence-même de son nom, propose un revers horrifique dans sa deuxième moitié, rappelant un peu « Carbon Cult » de Deadlife (qui pour le coup semble tout droit sortir d’un slasher !). Le titre de GosT demeure plus brut, plus éraillé et chaotique mais il illustre à merveille ce que j’entends par « darksynth aux relents d’épouvante ». Il est suivi par “The Fear” (difficile de croire que ce n’est pas fait exprès !), et ce dernier est plus classique. Presque trop en vérité, surtout après dix ans de synthwave par des artistes nombreux et parfois très éphémères. C’est dansant et les paroles sont envoûtantes, mais le tout manque d’éclat. « A Fleeting Whisper » vient redresser la barre en alternant entre passages lourds et pesants et moments d’accélérations intenses. Quelques mois à peine après le déjà mythique « Excess » de Perturbator, gageons que de beaux pogos auront lieu sur ce titre ! « We Are The Crypt » quant à lui lorgne davantage du côté de « SKULjammer » de Mega Drive, gros inclassable mélangeant les deux écoles susmentionnées pour mieux les dynamiter de l’intérieur. On retiendra des titres diablement efficaces, entraînants à souhait tout en conservant cette couche d’onirisme vampirique.

Sans sonder tout l’album, soulignons encore « Blessed Be » et son intro à l’orgue mutant en musique d’autoroute nocturne. « November Is Death » est mystique et planant. « Embrace The Blade » rajoute une gratte bien râpeuse à un ensemble presque magique. « Coven » avance encore d’un cran dans la puissance, avec un titre lorgnant cette fois plus franchement dans le Perturbator-like en termes de sonorités, et toujours dans une ambiance « cold wave » avec les paroles. Un hybride fonctionnant à merveille, et sans doute un autre titre qui gagnera à être expérimenté en live. Enfin, « Burning Thyme » vient faire retomber la pression, tout en minimalisme avec juste la voix de James pour nous porter les premiers deux-tiers du morceau, suivi d’un beat à nouveau fort classique pour de la synth, mais qui ne fonctionne pas trop mal pour clore l’album. On aurait tout de même aimé quelque chose d’un peu plus risqué et audacieux pour finir ce chapitre voulu plus sombre et dramatique. On saluera néanmoins la forte tendance à l’excentricité du gaillard. Versatile et changeant, GosT propose une palette étonnante qui varie même au sein d’un album.  En bref, ROLAR est un nouvel opus garnissant à merveille la discographie déjà fort fournie de notre sombre poète. Moins punchy et endiablé que le précédent, il le compense par une teinte plus macabre et cauchemardesque. Assurément, la pandémie (entre autres), a dû travailler l’esprit de James Lollar, faisant naître de nouvelles idées sombres. Heureux qu’il continue son bout de chemin, on le sera d’autant plus s’il suit la précédente tendance de sortir deux albums coup-sur-coup (Behemoth et Non Paradisi, puis Possessor et Valediction sont sortis à un an d’intervalle). Fans de macabre, vous voilà servis !

Defocus fait partie de ces formations qui ont tout pour devenir un des plus grands du genre : un chant agressif avec une pincée de mélancolie, un second chant clair parfaitement en place, rythmes de guitares/basse et batterie entrainants agrémentés de mélodies sombres et ambiantes… Tout ce qu’il faut pour créer une atmosphère mélancolique et nous placer dans un « mood » pour écouter au mieux leur musique. « In the eye of death we are all the same », premier album du quatuor allemand, démarre en force avec un cri et un chant puissant en guise d’intro de « Thought of a Vision ». Après quatre tracks à couper le souffle, « Tides » nous permet de prendre de l’altitude et planer un peu, pour ensuite reprendre de plus belle avec quatre munitions qu’il reste au char d’assaut nommé Defocus. En guise d’épilogue, les Allemands nous proposent leur piste la plus longue intitulée « Shelter » qui apaise l’ambiance, à l'image d’un levé de soleil sur un champ de bataille un dernier jour de guerre. Les membres de Defocus ont faim et cela se sent. Arriveront-ils à rejoindre les sommets du genre ? Seul l’avenir nous le dira. En attendant, profitons de ce « In the eye of death we are all the same » plus que réussi.

Pionniers du death technique, Cognitive n’est plus un groupe à qui on doit apprendre comment pratiquer le style. Fort de trois sorties en quelques années, ce quatrième opus arrive à point nommé pour fêter les dix ans du groupe. Ambiance sombre, riffs hyper techniques, … « Malevolent thoughts of a hastened extinction » n’est pas un album révolutionnaire compte tenu de la concurrence actuelle sur la planète death technique, mais a le mérite de nous prouver que Cognitive y a bien sa place. Brutalité gratuite, masturbation énergique de manche ainsi que chants typiques du deathcore (mélange subtil de growls, cris aigus et vomissement caverneux) permettent une écoute plus qu’agréable de leur nouvelle création. « From the depths » recèle quelques passages donnant même plus envie de sauter et faire la fête que de se déboiter les cervicales. Que dire de « To feed the worms » qui nous renvoie à la boucherie ultime au même titre que « Tearing tendon from bone » et son riff très martial. Si votre temps vous le permet, jetez une oreille à leurs dernières compositions. Cela vous permettra, à défaut de découvrir de nouvelles choses, de passer au moins un bon moment. Sans pour autant être un album essentiel, « Malevolent thoughts of a hastened extinction » vaut tout de même la peine d’être découvert.