Chroniques

Chroniques (615)

C’est toujours ce que je préfère dans le fait d’écrire des chroniques. Me retrouver sur le cul en écoutant des formations qui me sont totalement inconnues et qui me font triper comme jamais. C’est le cas de Begat The Nephilim. Avec leur nouvel opus « II : The Grand Procession », les Anglais n’ont qu’une idée en tête : rallier à leur cause les fans de metal extrême ! De « Panegyric » à « Leucomalachite Green », BTN offre une performance digne des plus grands, mélangeant un black mélodique à un death metal apocalyptique. On pense fortement à The Black Dahlia Murder et Cattle Decapitation en écoutant des tracks tant le niveau technique proposé se veut au niveau des deux formations précitées. Chaque seconde est minutieusement pensée afin que l’on ne perde pas le fil , que ce soit dans la composition des morceaux ou via les interludes musicaux proposés. L'ajout de mosh à la Whitechapel, de claviers accentuant les ambiances apocalyptiques ou encore d’éléments tirés du prog font de cet opus un bijou de créativité. On pensera aussi à un groupe tel que Cradle Of Filth via le chant de Tyler Smith sur « The Grand Procession Part II » où l’on a carrément l’impression d’entendre Mr Dani Filth chanter. Des plus surprenantes. Begat The Nephilim n’a aucune limite et démontre avec « II: The Grand Procession » que la perfection peut être atteinte. Un pure délice !

21.11.21 15:57

BLACKBEARD - "New Horizon"

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Parfois on met de la musique pour avoir un fond sonore et, alors que l’on est plongé dans tout autre chose, on se rend compte qu’on headbangue et qu’on kiffe l’album qui est en train de passer dans la platine. Lorsque votre subconscient se prend à aimer ce à quoi vous ne prêtez pas attention, c’est que l’on touche à quelque chose de vraiment bon. Et c’est le cas avec l’album du combo alpin intitulé «New Horizon». Le stoner entremêlé de prog et de rock dur bien énervé sublimé par un chant clair et hurlé nous transporte dans un univers où l’oppression et la sensation alarmante d’un événement chaotique demeure imminent. De «Vultures» à «New Horizon» en passant par «The Unknown PT.2» et «Another Face»… Tout est mis en œuvre pour que fureur et mélancolie viennent nous écorcher à vif. «New Horizon» est un album réussi réalisé de main de maître par un BlackBeard qui mérite d’être découvert par le plus grand nombre.

21.11.21 15:53

B-SQUADRON - "Everything You Hate"

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L’album commence un peu à plat cependant, avec deux titres certes funky mais dont les instruments manquent de peps. Est-ce une façon de rendre hommage à la qualité d’enregistrement de l’époque ? Aucune idée, mais c’est un rien dommage. Heureusement, la pure vélocité de «Small Circles» et «1982» viennent dissiper nos peurs ! Et après ça, ça y est : le groupe est parti, la disto nous accompagne de même qu’une batterie aussi simple qu’efficace. La voix, pas tellement mélodieuse, mais parfaitement adaptée au genre avec ses relents british bien marqués, rajoute encore de la crédibilité à l’ensemble. Le tout manque un peu de folie, de moments où tout part dans tous les sens… En fait, leur musique est très épurée, très primale. On est dans du punk sans artifices et totalement honnête. C’est plus à l’ancienne qu’à l’ancienne, et ça plaira sûrement aux fans des premières scènes du genre. À titre personnel, j’apprécie davantage le punk lorsqu’il se lâche encore un cran en plus, musicalement j’entends. Ici, même si « 6644 » et « LNCCBB » continuent sur une trajectoire énergétiquement revendicative, ça manque un peu de force et de créativité. Un trait qui empoisonne décidément tout l’album. Il s’adresse donc vraiment aux plus vieux crêteux, ou ceux appréciant leur punk allant le plus droit au but possible. Et ce n’est déjà pas si mal d’être si trompeur ! B-Squadron se place comme une vraie capsule temporelle.

21.11.21 15:15

OLD IRON / VERDUN - "Split"

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Voilà une union bien fangeuse, célébrée dans des eaux marécageuses. Les témoins ? Des crocodiles affamés, prêts à passer à l’attaque. Le prêtre ? Un ange morbide, dont Verdun reprend en français, et de fort belle manière, "Dawn Of The Angry", tiré de "Domination". Old Iron, malsain en diable oscille entre l’agressivité angoissante d’un sludge colérique ("Planetsimal") et le désespoir doomesque de son second titre "Strix Nebulosa". Voix lointaine et terrifiante, batterie qui mène la danse macabre, guitares torturées, les Américains dessinent à la suite nos pires cauchemars. Outre la reprise de Morbid Angel, Verdun brille d’un éclat fébrile sur les huit minutes d’un "Narconaut" déchirant, tendu, menaçant, porté par des vocaux hallucinés. Une lourdeur envoûtante qui s’achève aux confins de l’horreur.

21.11.21 15:12

TIGERLEECH - "Melancholy Bridge"

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Deuxième album pour Tigerleech qui nous propose cette année « Melancholy Bridge ». Amateurs de musique lourde et intense émotionnellement, cet album sera pour vous. Mélangeant avec subtilité du stoner, du hardcore et du sludge, les Français réussissent à capter notre attention et viennent s’immiscer dans notre cerveau et nous hypnotiser. Le son est lourd, puissant, et les mélodies nous rendent mélancoliques. Les thèmes abordés par le groupe sont la dépression, l’égocentrisme humain, la dégénérescence de la Terre, … de quoi assombrir encore plus leur musique. Cet album est une réussite car il a réussi à me captiver comme Crowbar avait réussi à le faire en son temps. « Melancholy Bridge » marque une étape dans la carrière de Tigerleech et est à conseiller aux fans de Crowbar, Corrosion Of Conformity, Rongeur, …

Retour sur un EP cinq titres après (ou toujours pendant ça dépend du pays) cette merveilleuse pandémie nous ayant coupé du monde culturel pendant au moins une année et demie. Une fois de plus, c’est un mini-album que nous propose The Agonist après plus de deux ans d’attente et leur dernier opus « Orphans ». Que dire de cet amuse-bouche de vingt-trois minutes à part qu’il nous laisse sur notre faim. Les tracks ne manquent pas de rythme mais personnellement je trouve que le chant clair est trop mis en avant tant par le mixage que par sa redondance dans les différents morceaux. En effet, les chants growl sont fondus dans la masse musicale, se mêlant à merveille aux compositions, alors que le chant clair, lui, est mis beaucoup trop en avant faisant penser aux albums de Madonna durant les « nineties ». Doté d’une bonne ambiance ainsi que de bons riffs entrainants, cet EP pourra tout de même plaire à la fanbase du groupe qui pourra au moins se mettre quelque chose sous la dent en attendant un véritable nouvel album.

21.11.21 15:04

MALOTA - "The Uninvited Guest"

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Crevons directement l’abcès : le keupon exigeant que je suis ne retrouve pas tellement mon genre fétiche dans l’EP de Malota, et ce malgré des titres plutôt entraînants et gorgés d’adrénaline (et surtout un titre nommé « Anti-Social »… ça ne s’invente pas !) Maintenant que j’ai fait mon chieur, nous pouvons commencer.

« Lampedusa » nous claque la joue d’emblée, avec de gros riffs bien sales en guise de mise en jambe et une batterie simple, mais bien mise en avant. Plus surprenant : au milieu du titre, la guitare semble « engluée » et le tempo diminue. Elle est plus traînante, tandis que le chant se fait plus énervé. « Anti-social » rajoute un cran de vitesse et une basse plus marquée pour un titre plus « punky » malgré des refrains où la guitare traînante fait son retour. « Ministers of Fear » est peut-être la chanson où la basse est la plus affirmée, tandis que le chant est le plus fracassant. Le tout formant une mélodie duelle : à la fois véloce et puissante lorsque la voix et la guitare prennent la main, et au contraire plutôt groovy lorsque c’est la basse qui règne en maître. La fin du morceau ralentit fortement, devenant une sorte de proto-doom étrange… Mais pas désagréable, avant de repartir sur un refrain toujours aussi dévastateur. « The Queen, The Lady » rajoute une bonne couche de basse avec un chant cette fois plus clair, pour un titre toujours aussi explosif, mais qui lui aussi se permet des changements de rythme audacieux. Et la chanson éponyme qui clôt l’album ? Elle envoie tout ce qu’elle a dans le ventre ? Oui et non : disons qu’elle est plus haletante, et plus facile d’approche aussi, avec une guitare plus « bondissante ». Mais reste dans la lignée de ses consoeurs avec ses changements de rythmes fréquents.  Le tout se finissant de manière un peu abrupte, sans grande fioritures.

C’est un peu ce qui caractérise cet EP en fait, dont on ne sait pas exactement dans quel sens le prendre alors qu’il ne part pas dans des délires créatifs excessivement poussés. Si ce n’est quelques variations de rythmes et un chant fluctuant, il reste grosso modo dans les clous et on apprivoise ses méthodes au bout des 2-3 premiers morceaux. Et ça le rend presque frustrant à critiquer puisque, d’une part, il n’a pas une structure commune et sur-poncée. Et d’autre part, il ne fait rien de véritablement incroyable non plus. C’est ce genre d’album un peu tristoune qui n’a rien de fondamentalement mauvais, mais sur lequel on ne peut rien dire de réellement bien ou de marquant non plus. Il existe, simplement.

Alors oui, y’a quelques os à ronger pour le bassiste que j’incarne, et une bonne énergie qui donne la patate sur chacun des cinq titres. Mais le reste demeure franchement quelconque.

21.11.21 15:01

HRANICE ABYSS - "Aphagy"

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Traitant de la place de l’homme moderne en visitant la psychanalyse freudienne et en utilisant la poétique de Byron, Hranice Abyss y mêle ses influences death metal pour y mettre la forme. Il est vrai que ce mélange de poésie/psychanalyse posée sur des influences à la The Black Dahlia Murder ou Necrophagist ne manque pas de charme et n’a jamais aussi bien porté son nom de «metal extrême». De plus, l’aphagie se définit comme une impossibilité de déglutir, ce qui correspond parfaitement à leur thème qui veut faire le parallèle avec l’incapacité à digérer les sentiments des autres dans la civilisation actuelle. Le chant alterne growls et cris aigus, ce qui ne manquera pas de plaire à tout amateur de death metal.  Ajoutez à cela une guitare thrash incisive et une batterie percutante à souhait. Ne vous attendez pas à des rythmes rapides car en dehors de «Pathfinder» qui est un peu plus thrash, le reste de cette plaque varie entre le lent et le mid tempo. Un bon disque qui peut aboutir à un bon album dans un futur, espérons, proche.

Après un EP sorti en 2016 et un premier album en 2018, Halcyon Days nous gratifie d’une troisième sortie studio pour le moins entraînante et groovy. Le groupe démarre les hostilités en puissance avec «Awakening» dont le refrain nous rappelle le côté festif d’une fête étudiante à l’américaine (malgré leurs origines norvégiennes). L’album pourra rappeler au public belge la similitude à nos compatriotes de Wolves Scream tant par le côté énergique des compositions que par les breaks, alternant les rythmes lent enchaînés et des parties «Two step». «Keep Myself From Sinking» est un album passe partout, à savoir que toutes les tracks sont accessibles pour monsieur et madame tout le monde (genre de personne à qui vous posez la question «Qu’est-ce que tu écoutes comme musique ?» et qui vous répond «J’écoute de tout»). Relativement bien accueilli à la sortie de son deuxième album «Rain Soaked Pavements & Flesh Cut Grass» (Un million de flux sur Spotify), il est à espérer que ce nouvel opus soit aussi bien accueilli et permettra au groupe de poursuivre leur ascension plus que méritée dans le monde du metalcore.

21.11.21 14:56

EVERY TIME I DIE - "Radical"

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À la réception d’un album, d’autant plus d’un groupe que je ne connais pas ou peu, il m’arrive fréquemment de grappiller mes premières infos sur ce qui m’attend via le genre énoncé, le titre de l’album, sa pochette et le dossier de presse fourni. Cela donne une première carte mentale, un avant-goût, une « couleur » de l’univers de l’artiste et de ce qu’il entend proposer. C’était d’autant plus important ici que si je suis pointilleux sur certains genres (typiquement l’indus, le thrash ou le heavy), il y en a d’autres où je patauge totalement tant j’y suis étranger. Le metalcore en fait partie. Et la pochette, avec son esthétique vaporwave et son titre au parfum de 80s non plus. Pas moyen d’y échapper : fallait y aller à l’aveugle !

Et l’expérience fût des plus plaisantes finalement. Comme il est jouissif de tomber sur une pépite insoupçonnée (parfois même jusqu’alors totalement inconnue), cet opus vraisemblablement attendu d’Every Time I Die m’a charmé. Sans doute parce qu’il a une charpente un peu thrashouille et hardcore. Les Buckley's sont absolument déchaînés et se donnent pour mission de nous faire aucun cadeau pendant chacun des seize morceaux répartis sur cinquante-et-une minutes (à l’exception, peut-être, de « Thing With Feathers », sorte d’accalmie aussi surprise que bienvenue dans cet océan de rage bouillonnante ! Elle est douce et magnifique) Aucune crainte à avoir non plus du côté du jeu de « Goose », leur nouveau batteur : il fait le café de fort belle manière, notamment sur « Desperate Times » ou  « We Go Together ». La plume de Keith est incisive et nihiliste, torturée même et s’illustre à bien des occasions comme sur le titre susmentionné, mais aussi « The Whip » ou « Post-Boredom » (d’une efficacité sans pareille d’ailleurs !), tandis que les guitares nous fracassent sur « All This And War », « Distress Rehearsal » ou encore sur le sobrement intitulé « Planet Shit ». Nous avons eu l’occasion d’entendre maintes fois ces deux dernières années à quel point les zickos étaient énervés, sur boostés… non pas sans raisons et sans doute d’autant plus du côté américain. Mais ETID va encore un grand au-dessus : totalement habituel, selon bien de mes confrères. Pratiquement une marque de fabrique du genre, si j’en crois mes maigres connaissances. Mais tout de même, une telle soif de sang alimentée par un magma de colère tout du long mérite d’être soulignée. On regrettera tout juste (et c’est un détail) cette générosité : peut-être qu’un titre ou deux auraient pu passés à la trappe. Non pas pour leur qualité ou une quelconque faiblesse, mais plus pour laisser l’opus respirer, le décharger un brin. Mais ce serait sans doute hérétique de le suggérer aux fans, surtout après cinq ans d’attente depuis « Low Teens »

Une vraie petite bombe en somme, et une occasion en or pour moi de mieux creuser le sujet. Chapeau bas ETID ! Deux ans après ma chronique du « All Hail » de Norma Jean, vous confirmez qu’il existe un monde de découvertes qui m’attend encore.