Chroniques

Chroniques (615)

22.12.21 15:31

NYLIST - "Nylist"

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Esprits faibles et fragiles s’abstenir. Ceci est réservé aux plus endurcis d’entre vous. Réalisé par Fred Nylist en tant que One man Deathcore band, notre artiste fait participer tout un panel de guests à son offrande (membres de Angelmaker, Lorna Shore, Left to Suffer, In Dying Arms ou Monasteries). Oui relisez bien les guests… Autant d’artistes pour un si petit ep ! Et ce n’est pas tout. Il ne se contente pas que de faire apparaître des invités pour en faire un album « classique de Deathcore », mais bien pour en faire un véritable temple de dépression obscurcie, lente, lourde. Sans vous mentir, je reste mitigé. J’hésite entre crier au génie ou au scandale tellement cet ep met mal à l’aise. Quand on parle de Downtempo Deathcore, on pense à des groupes comme Traitors, Black Tongue, Bound in Fear ou Bodysnatcher. Mais dans ce cas-ci, cela n’a rien à voir. Pour l’écoute de cet album, imaginez-vous enfermé dans un asile psychiatrique désaffecté depuis plus de vingt ans, de nuit et seul. On n’est pas bien. Joignez à cela les images des clips sortis et c’est le « pompon ». Si cela ne vous suffit pas, je profite de cette chronique tardive afin que vous puissiez continuer votre descente dans les ténèbres avec le morceau récemment sorti par Fred Nylist, où ce dernier invite six cent soixante-six chanteurs à poser deux à trois secondes de leur chant sur une composition de plus d’une heure. Pour vous donner une idée des invités en voici quelques-uns : Ingested, Vulvodynia, I Declare War, VCTMS, Carcosa, Decayer, Lowlife, Kardashev, Cytotoxin, Downfall of Mankind, …

Bon sang !!! Et dire que c’est un premier album. Nihïlant place la barre haut et contribue au sentiment que je nourris depuis près de 6 ans, que la scène Death Française possède un vivier d’ambassadeurs qualitatifs qui ont une griffe bien spécifique. C’est ce syncrétisme qui est plus que la simple somme des bons groupes qui foisonnent. Ces Parisiens n’échappent pas à la règle tant ce premier opus est une véritable pépite. Du premier titre « Le Desosseur de cadavres » jusqu’au fabuleux « A promontory of pain », sombre à souhait, on ne peut que succomber à la musique très riche de nos cousins. Ils ont l’art de sublimer le vieux Death en le modernisant d’influences groovées, techniques, mélodiques. J’ai le sentiment de découvrir un Agressor survitaminé qui flirte avec Carcass. Le son est tout bon et permet de savourer chaque instrument. Le chant d’Antoine, derrière un apparent timbre sérieux, dissimule à peine un bon grain de folie. Impossible de rester stoïque sur « Shared minds » qui vous fait groover les tripes. Pas d’écrasement brutal ici mais du raffinement neuronal allant titiller des bases progressives. A lui seul, ce groupe résume toute la quintessence de l’efficacité de la scène Hexagonale.

Roulement de batterie, blast, guitares réglées pour un son gras, beatdown, … Tout est au rendez-vous pour un bon moment de Slamming Brutal Death. Après la sortie d’un quatre titres en 2018 n’ayant pas spécialement permis aux gens de se faire une idée de leur talent, Mereflesh sort cette année un full album pour confirmer sa place parmi les plus grands. Beaucoup de bons groupes viennent d’Australie et Mereflesh ne déroge pas à la règle. La sphère noire dans laquelle ils incluent des blasts puissants et des riffs tranchants comme des lames de rasoirs n’est pas déplaisante pour un sou. Certains titres pourront même vous étonner comme le thrashy « The Gates of Hell » qui débute par un riff donnant des envies de headbang, pour enchaîner par des beatdowns tombant tels une pluie d’enclumes. Et que dire du visuel de la pochette, réalisé par Gorgingsuicide Art (The Stygian Complexer), mélangeant une vision de fin du monde avec un démon ressemblant à la Nonne de « The Conjuring ». 

22.12.21 15:21

LIMP BIZKIT - "Still Sucks"

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On reprend la même recette et on recommence… Force est de reconnaître que Limp Bizkit ne se renouvelle pas et c’est tant mieux. Beaucoup de gens nous sortent la même rengaine « C’est toujours la même chose » ou « c’est du réchauffé » mais un bon plat n’est-il pas meilleur le lendemain ? Fred Durst et sa bande sont restés dans les années 2000 et le résultat est là : bon mais sans surprise. Le chant rappé n’a pas vieilli et reste efficace tant il est accompagné par ce son metal tellement typique. De plus, très peu de groupes font du Nu Metal (Rap Metal) comme Limp Bizkit, cela donne encore plus de poids à cet album. Il est à noter que la track « Turn It Up, Bitch » sonne comme un bon hit de Cypress Hill et « Don’t Change » vous rappellera des ballades chantées par Green Day. Cela permet à cet album de revisiter la belle époque où MTV diffusait encore de la musique (si tel était le but). Un sourire est apparu sur mon visage en parcourant la tracklist qui faisait quand même très « pipi-caca » avec ses titres « Snacky Poo », « Empty Hole » ou « Pill Popper ». Si le Limp Bizkit d’avant vous manque alors plongez dessus. Dans le cas contraire, ne vous attendez pas à de la nouveauté. Et si vous ne connaissez pas encore le groupe, laissez-vous séduire car Limp Bizkit est un monument du Neo.

22.12.21 15:18

LEECHMONGER - "Deathwish"

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Né des profondeurs d'Internet en 2017, Leechmonger est un groupe de deathcore en plein essor avec un penchant pour l'écriture de chansons à couper le souffle et des récits écrasants. Après avoir sorti deux précédents EP’s en 2018 et 2019, l'année de la pandémie les a vus sortir des singles (sept en deux ans). Avec un son unique bouillonnant sous la surface au cours des quatre dernières années, ils ont recruté Casey Tyson-Pearce d'Angelmaker et Cole Daniels de Fleshbore évoluant ici dans un registre plus technique et progressif. Le groupe a réussi depuis sa création à maintenir une marque cohérente tout en mélangeant plusieurs styles de musique, y compris des éléments de deathcore technique, d'orchestrations et même de chants gutturaux. C'est un disque méprisant qui déclenche rapidement en nous de la colère, de l’anxiété et de la terreur. « Deathwish » est idéal si vous avez des frustrations à contenir ou une énergie à extérioriser lors d’une séance quotidienne de sport. Je vous invite vivement à l’écouter.

15.12.21 20:16

JOHARI - "Yurei"

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Après une série d'événements malheureux qui ont reporté sa sortie (un procès pour artwork non autorisé, un blocage inexplicable de matériel audio dans les plateformes de streaming), le troisième album studio du trio de progmetal Johari, formé par Connor Hill (voix, claviers), Gabriel Castro (guitare) et Corey Sturgill (batterie), a enfin vu le jour. Relativement inhabituel dans un même album, « Yurei » présente deux styles distincts de musique. D’un côté, nous pouvons trouver des chansons Djent avec ses riffs électriques avec un côté atmosphérique et un chant clair comme sur « The Answer », « Rejuvenate », « The Wandering Flame » ou « Cercles ». De l’autre côté par contre, des morceaux tels que « Fast & Heavy », les trois « Insomnium », « The Genesis Tree » ou « Introspect » où les versions -core sont beaucoup plus puissantes et les voix plus agressives donnent l’impression d’avoir été conçues par un tout autre groupe. A l’instar d’un électrocardiogramme, l’écoute de l’album est tantôt reposante, tantôt plus dure ce qui permet de casser le rythme et de garder l’auditeur en haleine durant toute la durée du voyage nommé Yurei.

15.12.21 20:13

IMPENDING DOOM - "Hellbent"

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Après une absence de plus de trois ans, Impending Doom nous revient avec un petit ep de derrière les fagots et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ne sont pas là pour faire du crochet. La violence et l’arrachage de dents sont au rendez-vous dès « Satanic Panic » et se poursuivent tout au long de ces vingt minutes dont est composé ce cinq titres (oui seulement cinq titres pour trois années d’attente). Longue attente pour un plaisir si court (on dirait la perte d’un pucelage pendant ou à la fin des études) mais souvenez-vous à quel point cela peut être bon. « Culture of Death » ravira la Beatdown family car rien ne survit après un tel déchaînement de sauvagerie.

15.12.21 20:05

FUTURE FOUNDATION - "Trinity"

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Formé par les membres de Crystal Lake (Ryo-chant, YD-Guitar) Shadows (Hiro-chant, Kazuki-guitare et voix, Takahiro-guitare et voix) et Noisemaker (AG-vocal, Hide-guitare, YU-KI-basse, UTA-batterie), le groupe a déclaré qu’ils avaient décidé de créer ce rassemblement afin de soutenir les salles de concert japonaises confrontées à des situations désastreuses… Un peu comme toutes les salles du monde entier. Franchement, le résultat est rafraîchissant. Respectant le milieu musical de chacun et mettant une pêche de tous les diables, le méga groupe, pour ne pas dire la réunion de potes, est une franche réussite. Les compositions sautent du rock festif d’un Blink 182 à du metalcore en passant par du punk. Cela rappelle parfois cette période de fin des « eighties » et début des « nineties », quand la chaîne de télévision MTV passait encore de la musique et qu’elle nous rafraichissait avec des clips de rock. Je salue l’initiative, la performance et souhaite qu’ils soient l’exemple pour d’autres formations de par le monde. Aider la culture ne se limite pas à protester.

Avis mitigé sur cet album qui m’a à la fois donné envie de danser et de chevaucher mon fidèle destrier pour partir à la chasse aux licornes en tout genre. La comparaison peut paraître comique mais je m’explique : le chant rappelle beaucoup d’albums de metalcore et m’a donné l’envie de me refaire les premiers albums de Bullet for my Valentine (« Fallout »). Dans le registre de la chasse proprement dite, ce sont les riffs de guitare et le ton donné par la batterie qui m’ont emmené dans un univers épique (ou hippique lol) notamment sur « Devastation » qui m’a définitivement catapulté hors de mon monde. Petit coup de cœur pour « Burn’Em » qui, lors de mes écoutes (matinales), m’ont donné le coup de fouet pour tenir la journée entière. Un bon album à mettre sous le sapin ou à offrir à toute personne ayant besoin d’un coup de boost. ”Through Life and Death” est très bon et pourra convaincre le plus sceptique des metalcoreux voir des two-steppers.

15.12.21 19:59

ENDTROCITY - "XIX"

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Connu comme l’un des groupes les plus célèbres de la scène post-hardcore et metalcore taiwanaise, Endtrocity nous sort son premier full album après plus de onze années d’activité. Jouant vraiment sur les variations de sons et jonglant habilement entre plusieurs styles tels que hardcore, metalcore et des sonorités électro, le quintet de Taipei a réussi le pari gagnant car l’album est une véritable tuerie. Pleines de punch et d’énergie, les compositions ont de quoi rivaliser avec les plus grands du genre. De plus, cet opus a été rédigé en anglais afin de conquérir le monde non sans y incorporer quelques influences locales afin de rappeler d’où ils viennent. Des tracks comme « Anti-Emotions » ou « Fear of God » ne manqueront pas de vous donner l’envie de tout casser mais j’avoue avoir un petit faible pour « Give In » qui allie les trois styles musicaux précités ainsi qu’un petit côté néo metal dans le refrain me rappelant les Ill Niño ou P.O.D du début des années 2000.