Chroniques

Chroniques (687)

21.11.21 17:11

GOAT TORMENT - "Forked Tongues"

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On se demandait un petit peu ce qu’étaient devenus les Gantois de Goat Torment puisque déjà 6 ans se sont écoulés depuis leur seconde et dernière offrande « Sermons To Death » qui leur avait permis d’asseoir une certaine réputation sur la scène black. La réponse vient donc ici avec ce « Forked Tongues ». Par contre la question est de savoir s’il réussit l’examen du 3e album souvent charnière dans la carrière d’une formation. Et ne faisons pas languir le lecteur plus longtemps, on aurait tendance à répondre par l’affirmative à cette interrogation. En effet, dans l’ensemble, l’auditeur se confronte à un opus de black furieux et inspiré. Dans un registre parfois mardukien, Goat Torment joue la carte d’une lourdeur empruntée au death dans une tracklist où les parties basses jouent un rôle prépondérant en termes d’enrobage écorché de l’ensemble. Un grain bienvenu auquel Jérémie Bézier (Emptiness…) n’est sans doute pas étranger puisque le mixage et le mastering de «Forked Tongues» sont l’œuvre de l’intéressé au sein du Blackout Studio. Notons qu’à ce niveau, si le groupe n’est pas retourné dans le studio bruxellois pour tout le processus d’enregistrement comme ce fut le cas pour ses 2 premiers albums, il ne s’en est pas non plus tout à fait écarté puisque les voix y ont tout de même été enregistrées. Le travail paie, c’est indéniable, et « Forked Tongues » en est une belle preuve puisque nos compatriotes se voient maintenant affublés du sceau Season Of Mist via sa structure plus extrême Underground Activists qui, on l’espère, amènera Goat Torment sur les sentiers qu’il mérite.

21.11.21 16:07

FURR - "Thank you"

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Après un premier single acclamé par la critique en 2020, Furr nous balance son premier ep «Thank You». Musicalement, les Français proposent un metal alternatif aux riffs parfois groovy parfois tranchants, variant les rythmiques et les mélodies à bon escient. Que ce soit «Thank You», «My World» ou encore «Again», la musique se veut bien en place. Mais là où le bas blesse, c’est au niveau des chants. On apprécie fortement les mélodies d’Eva. Malheureusement, ces dernières ne collent pas avec le chant éraillé et éreintant d’Arnold qui vient tout simplement gâcher la performance du reste du groupe. Au final, il faudra attendre le dernier morceau de cet EP «Fight» (qui est en fait le single de 2020) pour se prendre une bonne dose de metal bien fait. « Thank You » aurait du être une belle évolution pour Furr. C’est malheureusement l’inverse qui se produit.

C’est toujours ce que je préfère dans le fait d’écrire des chroniques. Me retrouver sur le cul en écoutant des formations qui me sont totalement inconnues et qui me font triper comme jamais. C’est le cas de Begat The Nephilim. Avec leur nouvel opus « II : The Grand Procession », les Anglais n’ont qu’une idée en tête : rallier à leur cause les fans de metal extrême ! De « Panegyric » à « Leucomalachite Green », BTN offre une performance digne des plus grands, mélangeant un black mélodique à un death metal apocalyptique. On pense fortement à The Black Dahlia Murder et Cattle Decapitation en écoutant des tracks tant le niveau technique proposé se veut au niveau des deux formations précitées. Chaque seconde est minutieusement pensée afin que l’on ne perde pas le fil , que ce soit dans la composition des morceaux ou via les interludes musicaux proposés. L'ajout de mosh à la Whitechapel, de claviers accentuant les ambiances apocalyptiques ou encore d’éléments tirés du prog font de cet opus un bijou de créativité. On pensera aussi à un groupe tel que Cradle Of Filth via le chant de Tyler Smith sur « The Grand Procession Part II » où l’on a carrément l’impression d’entendre Mr Dani Filth chanter. Des plus surprenantes. Begat The Nephilim n’a aucune limite et démontre avec « II: The Grand Procession » que la perfection peut être atteinte. Un pure délice !

21.11.21 15:57

BLACKBEARD - "New Horizon"

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Parfois on met de la musique pour avoir un fond sonore et, alors que l’on est plongé dans tout autre chose, on se rend compte qu’on headbangue et qu’on kiffe l’album qui est en train de passer dans la platine. Lorsque votre subconscient se prend à aimer ce à quoi vous ne prêtez pas attention, c’est que l’on touche à quelque chose de vraiment bon. Et c’est le cas avec l’album du combo alpin intitulé «New Horizon». Le stoner entremêlé de prog et de rock dur bien énervé sublimé par un chant clair et hurlé nous transporte dans un univers où l’oppression et la sensation alarmante d’un événement chaotique demeure imminent. De «Vultures» à «New Horizon» en passant par «The Unknown PT.2» et «Another Face»… Tout est mis en œuvre pour que fureur et mélancolie viennent nous écorcher à vif. «New Horizon» est un album réussi réalisé de main de maître par un BlackBeard qui mérite d’être découvert par le plus grand nombre.

21.11.21 15:53

B-SQUADRON - "Everything You Hate"

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L’album commence un peu à plat cependant, avec deux titres certes funky mais dont les instruments manquent de peps. Est-ce une façon de rendre hommage à la qualité d’enregistrement de l’époque ? Aucune idée, mais c’est un rien dommage. Heureusement, la pure vélocité de «Small Circles» et «1982» viennent dissiper nos peurs ! Et après ça, ça y est : le groupe est parti, la disto nous accompagne de même qu’une batterie aussi simple qu’efficace. La voix, pas tellement mélodieuse, mais parfaitement adaptée au genre avec ses relents british bien marqués, rajoute encore de la crédibilité à l’ensemble. Le tout manque un peu de folie, de moments où tout part dans tous les sens… En fait, leur musique est très épurée, très primale. On est dans du punk sans artifices et totalement honnête. C’est plus à l’ancienne qu’à l’ancienne, et ça plaira sûrement aux fans des premières scènes du genre. À titre personnel, j’apprécie davantage le punk lorsqu’il se lâche encore un cran en plus, musicalement j’entends. Ici, même si « 6644 » et « LNCCBB » continuent sur une trajectoire énergétiquement revendicative, ça manque un peu de force et de créativité. Un trait qui empoisonne décidément tout l’album. Il s’adresse donc vraiment aux plus vieux crêteux, ou ceux appréciant leur punk allant le plus droit au but possible. Et ce n’est déjà pas si mal d’être si trompeur ! B-Squadron se place comme une vraie capsule temporelle.

21.11.21 15:15

OLD IRON / VERDUN - "Split"

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Voilà une union bien fangeuse, célébrée dans des eaux marécageuses. Les témoins ? Des crocodiles affamés, prêts à passer à l’attaque. Le prêtre ? Un ange morbide, dont Verdun reprend en français, et de fort belle manière, "Dawn Of The Angry", tiré de "Domination". Old Iron, malsain en diable oscille entre l’agressivité angoissante d’un sludge colérique ("Planetsimal") et le désespoir doomesque de son second titre "Strix Nebulosa". Voix lointaine et terrifiante, batterie qui mène la danse macabre, guitares torturées, les Américains dessinent à la suite nos pires cauchemars. Outre la reprise de Morbid Angel, Verdun brille d’un éclat fébrile sur les huit minutes d’un "Narconaut" déchirant, tendu, menaçant, porté par des vocaux hallucinés. Une lourdeur envoûtante qui s’achève aux confins de l’horreur.

21.11.21 15:12

TIGERLEECH - "Melancholy Bridge"

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Deuxième album pour Tigerleech qui nous propose cette année « Melancholy Bridge ». Amateurs de musique lourde et intense émotionnellement, cet album sera pour vous. Mélangeant avec subtilité du stoner, du hardcore et du sludge, les Français réussissent à capter notre attention et viennent s’immiscer dans notre cerveau et nous hypnotiser. Le son est lourd, puissant, et les mélodies nous rendent mélancoliques. Les thèmes abordés par le groupe sont la dépression, l’égocentrisme humain, la dégénérescence de la Terre, … de quoi assombrir encore plus leur musique. Cet album est une réussite car il a réussi à me captiver comme Crowbar avait réussi à le faire en son temps. « Melancholy Bridge » marque une étape dans la carrière de Tigerleech et est à conseiller aux fans de Crowbar, Corrosion Of Conformity, Rongeur, …

Retour sur un EP cinq titres après (ou toujours pendant ça dépend du pays) cette merveilleuse pandémie nous ayant coupé du monde culturel pendant au moins une année et demie. Une fois de plus, c’est un mini-album que nous propose The Agonist après plus de deux ans d’attente et leur dernier opus « Orphans ». Que dire de cet amuse-bouche de vingt-trois minutes à part qu’il nous laisse sur notre faim. Les tracks ne manquent pas de rythme mais personnellement je trouve que le chant clair est trop mis en avant tant par le mixage que par sa redondance dans les différents morceaux. En effet, les chants growl sont fondus dans la masse musicale, se mêlant à merveille aux compositions, alors que le chant clair, lui, est mis beaucoup trop en avant faisant penser aux albums de Madonna durant les « nineties ». Doté d’une bonne ambiance ainsi que de bons riffs entrainants, cet EP pourra tout de même plaire à la fanbase du groupe qui pourra au moins se mettre quelque chose sous la dent en attendant un véritable nouvel album.

21.11.21 15:04

MALOTA - "The Uninvited Guest"

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Crevons directement l’abcès : le keupon exigeant que je suis ne retrouve pas tellement mon genre fétiche dans l’EP de Malota, et ce malgré des titres plutôt entraînants et gorgés d’adrénaline (et surtout un titre nommé « Anti-Social »… ça ne s’invente pas !) Maintenant que j’ai fait mon chieur, nous pouvons commencer.

« Lampedusa » nous claque la joue d’emblée, avec de gros riffs bien sales en guise de mise en jambe et une batterie simple, mais bien mise en avant. Plus surprenant : au milieu du titre, la guitare semble « engluée » et le tempo diminue. Elle est plus traînante, tandis que le chant se fait plus énervé. « Anti-social » rajoute un cran de vitesse et une basse plus marquée pour un titre plus « punky » malgré des refrains où la guitare traînante fait son retour. « Ministers of Fear » est peut-être la chanson où la basse est la plus affirmée, tandis que le chant est le plus fracassant. Le tout formant une mélodie duelle : à la fois véloce et puissante lorsque la voix et la guitare prennent la main, et au contraire plutôt groovy lorsque c’est la basse qui règne en maître. La fin du morceau ralentit fortement, devenant une sorte de proto-doom étrange… Mais pas désagréable, avant de repartir sur un refrain toujours aussi dévastateur. « The Queen, The Lady » rajoute une bonne couche de basse avec un chant cette fois plus clair, pour un titre toujours aussi explosif, mais qui lui aussi se permet des changements de rythme audacieux. Et la chanson éponyme qui clôt l’album ? Elle envoie tout ce qu’elle a dans le ventre ? Oui et non : disons qu’elle est plus haletante, et plus facile d’approche aussi, avec une guitare plus « bondissante ». Mais reste dans la lignée de ses consoeurs avec ses changements de rythmes fréquents.  Le tout se finissant de manière un peu abrupte, sans grande fioritures.

C’est un peu ce qui caractérise cet EP en fait, dont on ne sait pas exactement dans quel sens le prendre alors qu’il ne part pas dans des délires créatifs excessivement poussés. Si ce n’est quelques variations de rythmes et un chant fluctuant, il reste grosso modo dans les clous et on apprivoise ses méthodes au bout des 2-3 premiers morceaux. Et ça le rend presque frustrant à critiquer puisque, d’une part, il n’a pas une structure commune et sur-poncée. Et d’autre part, il ne fait rien de véritablement incroyable non plus. C’est ce genre d’album un peu tristoune qui n’a rien de fondamentalement mauvais, mais sur lequel on ne peut rien dire de réellement bien ou de marquant non plus. Il existe, simplement.

Alors oui, y’a quelques os à ronger pour le bassiste que j’incarne, et une bonne énergie qui donne la patate sur chacun des cinq titres. Mais le reste demeure franchement quelconque.

21.11.21 15:01

HRANICE ABYSS - "Aphagy"

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Traitant de la place de l’homme moderne en visitant la psychanalyse freudienne et en utilisant la poétique de Byron, Hranice Abyss y mêle ses influences death metal pour y mettre la forme. Il est vrai que ce mélange de poésie/psychanalyse posée sur des influences à la The Black Dahlia Murder ou Necrophagist ne manque pas de charme et n’a jamais aussi bien porté son nom de «metal extrême». De plus, l’aphagie se définit comme une impossibilité de déglutir, ce qui correspond parfaitement à leur thème qui veut faire le parallèle avec l’incapacité à digérer les sentiments des autres dans la civilisation actuelle. Le chant alterne growls et cris aigus, ce qui ne manquera pas de plaire à tout amateur de death metal.  Ajoutez à cela une guitare thrash incisive et une batterie percutante à souhait. Ne vous attendez pas à des rythmes rapides car en dehors de «Pathfinder» qui est un peu plus thrash, le reste de cette plaque varie entre le lent et le mid tempo. Un bon disque qui peut aboutir à un bon album dans un futur, espérons, proche.